samedi 31 mars 2007
Présidentielle 2007 ou quand une élection fait le printemps
On se souvient de 1981 et de l’espoir qui était né en France avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Cette bouffée qui s’était emparée de la population et ce bien au-delà du simple peuple de gauche. En 1988, la seconde victoire de Mitterrand avait été perçue comme un soulagement. La France unie allait permettre de pacifier le pays grâce à l’ouverture promise. En 1995, l’espoir était finalement né avec la fracture sociale et l'idée de voir la frontière entre riche et pauvre se réduire. L’élection de 2002 a certes ressemblé à un bug de l’histoire, mais avec les manifestations contre le Front National et le déferlement de la jeunesse dans les rues, l’espoir était venu du fait de la victoire de la démocratie face au fascisme. Or en 2007, la question Quand j'y pense est de savoir ou est l’espoir.
Si il est important que la campagne aborde les sujets « graves » de la dette publique, de l’insécurité, de l’immigration, des réformes profondes qui permettront à notre société d’être plus concurrente dans une mondialisation toujours plus difficile. Il est aussi important de pouvoir sortir de cette réalité pour dessiner les lignes même imparfaites d’un monde meilleur. Cette petite flamme qui vous pousse vers l’avenir, comme un bon Walt Disney ou les méchants perdent et ou les gentils se marient et ont beaucoup d’enfants.
Alors certes, on s’éloigne un peu de la réalité de la campagne électorale avec ses propositions, ses programmes, ses mesures et ses lois, mais l’élection présidentielle ne doit elle être que sérieuse. N’est ce pas également le moment propice pour rêver un peu. Pour se lancer dans le phantasme d’une société qui pourrait être parfaite. Il ne s’agit pas de sombrer dans la démagogie et dans la multiplication de promesses toutes plus irréalistes les unes des autres. Non, simplement un peu de magie liée à un espoir d’améliorer le monde dans lequel nous vivons. Ce petit plus qui viendrait d’un candidat ou de l’autre et qui permettrait à la nation de se projeter dans un bon bain d’espoir.
Quand j’y pense, je me dis qu’il reste quelques semaines avant le premier tour et que celui ou celle qui nous fera un peu rêver aurait beaucoup à y gagner.
vendredi 30 mars 2007
Royal, Sarkozy : A front jusqu'au second tour
Insécurité, identité nationale, on sait ou va se jouer la campagne pour le second tour en cas de duel entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Quand j’y pense, je me dis que ce genre de pari peut être dangereux, même si il correspond à une réalité du pays. Il y a un mal être autour de ces sujets. Conséquence, ce petit gout de 2002 dans cette élection de 2007 est visiblement inévitable. En jeu, la victoire tout simplement.
Pour rassembler au premier tour, le PS met en avant le
social. Hausse du SMIC, les emplois tremplins pour les jeunes et toutes les propositions
devant permettre de garantir un peu plus de solidarité dans notre société. Il
s’agit de rassembler à gauche.
Le pari de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy est évident.
Ils seront au second tour. Royal table sur le vote utile pour s’en sortir.
Sarkozy pense lui qu’il est inatteignable. Si leurs prévisions sont justes, la
question est de savoir comment gagner le second tour. La situation politique du
moment fait que les voix qui feront la différence se trouvent à l’UDF et à
l’extrême droite.
Pour l’UDF, le partage se fera assez facilement. Une
majorité ira à droite. Celle du feu CDS qui n’a jamais imaginé voter à gauche,
plus quelques anciens socialistes comme le si surprenant Eric Besson. L’autre
partie plus petite ira vers Ségolène. On y trouvera des socialistes repentis
ainsi que quelques hommes de droite qui aimerait bien une défaite de Sarkozy.
Reste donc, les électeurs qui voteront Front National. D’où
la campagne qui se développe depuis quelques jours sur le thème de l’identité
nationale, et sur le thème de la sécurité, sujet étrangement réactivé avec les
incidents de la gare du nord.
Lionel Jospin sait que faire une bataille de second tour
avant une bataille de premier tour peut être dangereuse. Mais en l’occurrence,
Sarkozy et Royal sont coincés, et notamment la candidate socialiste. Laisser de
coté ces électeurs de l’extrême, c’est voir partir les quelques points qui pourront permettre d'
atteindre les 50% du second tour. Tenter de parler et de récupérer dès
maintenant ces amateurs du Front National, c’est se couper de son électorat et
se fragiliser pour le premier tour. Calcul d’apothicaire me direz vous. Oui.
C’est le danger de la fameuse segmentation du marché politique.
Quand j’y pense, je me dis qu’il manque peut être un peu de cœur dans tout cela.
jeudi 29 mars 2007
Segolène Royal, de la "duduche" à l'adversaire
Changement de ton dans la campagne. Les attaques de Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal ont évolué. Fini les pics qui visaient à toucher la fameuse « compétence » de la candidate socialiste. Connaissant les méthodes de l’UMP, ou il s’agit de ne rien laisser au hasard, on peut imaginer que cette stratégie de flingage n’était pas forcément rentable et efficace dans les enquêtes d’opinion.
Il suffit de se souvenir. Les exemples sont nombreux.
Il y a
eu l’épisode de la muraille de Chine avec la surprenante
« Ségolitude ». On se souvient de la charge dans la foulée sur le
thème des droits de l’homme. Il y a eu aussi le voyage critique au Moyen orient
de la candidate avec la polémique sur le Hezbollah avec qui il ne fallait pas
discuter. On se souvient encore des attaques sur le nombre de sous-marins
nucléaires. Bref, il y eu une époque ou la stratégie était de sous entendre que la candidate n’avait pas les épaules suffisamment
solides pour le poste.
Or étrangement, plus le temps passe et la campagne avance,
moins la candidate semble attaquée sur le sujet. Il faut dire que les
différentes émissions de télévision auxquelles elle a participé, ont montré que
Ségolène Royal avec de quoi tenir et à l’arrivée, qu'elle ne disait pas autant de stupidités
qu’on essayait de le faire croire.
Entre temps, on peut noter que les intentions de vote dans
les sondages sont restées stables dans les sondages malgré toutes ces
tentatives de dénigrement. Conséquence, il devait sans doute devenir dangereux
pour Nicolas Sarkozy de poursuivre sur le thème, c’est une femme elle n’est pas
sérieuse.
A l’arrivée, c’est en quelque sorte une petite victoire pour
Ségolène Royal. De « duduche » elle semble être devenue une
adversaire respectable. Une candidate sérieuse dont finalement il faudrait
mieux se méfier. A croire que
la victoire de Ségolène Royal est quelque chose de possible pour l’UMP. Et
quand l’ennemi doute, il devient plus fragile.
Avec cette campagne, Quand j’y pense, je me dis que Ségolène Royal et les femmes ont peut être gagné une partie.
mercredi 28 mars 2007
Royal, Sarkozy : une campagne présidentielle haute couture
Ségolène Royal obligée de prendre ses distances avec le parti socialiste. Nicolas Hulot qui capte l’écologie au détriment des verts. Nicolas Sarkozy qui se met en rupture de la droite de Jacques Chirac. L’élection présidentielle de 2007 bouscule les vieux schémas et les dogmes. Toutefois, Quand j’y pense, je me dis qu’il serait précipité de croire que le clivage droite gauche est dépassé.
Droite, gauche, on aurait tort de croire que le clivage ne correspond plus à la réalité. La chute du mur et la fin du communiste ont changé le paysage politique. La mondialisation a eu des retentissements considérables sur notre société. Conséquence, les citoyens cherchent de nouvelles réponses pour mieux dompter le nouveau monde qui émerge. A cela s’ajoute l’évolution de la société, l’arrivée de l’internet, qui pousse chacun à avoir sa propre vision des choses.
Dans ce contexte, tout discours qui vise à promouvoir une solution unique se retrouve poussée dans les cordes. Les électeurs ne croient plus dans les dogmes. Et ils sont nombreux à faire les frais de cette révolution.
Tout d’abord, les Verts. Leur vision de tout faire passer par le dogme de l’écologie passe mal. Les français ne croient plus dans une recette globale qui serait capable de résoudre tous les problèmes. D’où le succès des propositions du pacte de Nicolas Hulot, jugé moins totalitaire et plus efficace. Et ce même si sur le fond Hulot et Voynet ne sont pas forcément loin. (voir chronique du 7 mars).
Le PS ensuite. La mise en avant du parti socialiste pendant quelques jours a eu pour effet de freiner Ségolène Royal dans sa campagne. A nouveau, les français redoutent la main mise d’un parti sur les choix politique. Et le PC est encore plus concerné par le rejet. Le dogme de l’état tout puissant par lequel devrait passer toutes les solutions a plus que du plomb dans l’aile. Idem pour l’UMP, dont le discours libéral fait plus de dégâts qu’on le pense.
Enfin même alerte pour l’UDF. La percée de François Bayrou s’est étrangement arrêtée dans les sondages, lorsque les électeurs ont imaginé un retour à la 4 me république avec la toute puissance des partis politiques.
Dans ce contexte, les solutions qui plaisent sont celles qui semblent plus humaines. C’est la raison pour laquelle le discours en solo de Ségolène plait. C’est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy a raison de jouer la rupture et gagne des points quand il parle de libre choix de chacun.
Les français sont à la recherche de sur mesure. Une sorte de campagne de haute couture avec une solution différente pour chaque problème. Mais la fin des dogmes ne veut pas dire qu’il n’existe pas plusieurs visions du monde. La liberté d’un coté, l’égalité de l’autre, la droite et la gauche ne sont pas mortes et le second tour de l’élection présidentielle sera là pour le rappeler.
mardi 27 mars 2007
Débat sur la nation : le drapeau flotte, pas la campagne de Ségolène Royal
Il est surprenant de constater que la campagne s’arrête aussi longtemps sur le thème de la nation. Le sujet s’installe d’autant plus qu’il est amené par la gauche. Ségolène Royal avec ses drapeaux, sa marseillaise, a réussi une nouvelle fois à créer la surprise. Si certains y voient un nouveau coup médiatique, quand j'y pense, je me dis qu’il permet d’aborder avec un nouveau regard certains dossiers nationaux.
En reprenant sa liberté de ton, Ségolène Royal permet une nouvelle fois aux socialistes d’évoluer sur un sujet dont ils ne semblaient plus se préoccuper depuis longtemps. Certes, la Marseillaise et le drapeau bleu blanc rouge peuvent ressembler à des gadgets, mais on aurait tord de n’y voir que des effets clinquants.
Il s’agit de symboles forts. Or, c’est l’un des thèmes de la candidate socialiste que de remettre les valeurs au centre de la vie politique. Qu’est ce que la France sinon la défense des droits de l’homme, sinon la fameuse devise « liberté, égalité fraternité » que l’on trouve dans toutes les mairies de France.
Alors certes, il ne s’agit pas de profiter de l’occasion pour sombrer dans le nationalisme le plus pur et le plus dangereux.
Il s’agit simplement de rappeler que la France est une nation dont les fondements remontent à la révolution française.
Il s’agit de rappeler que la France fait partie des pays ou la liberté d’expression est possible.
Il est bon de rappeler que ces valeurs ne sont pas la propriété de certains extrêmes, mais qu’elles peuvent aussi se conjuguer avec une certaine ouverture d’esprit. Il n’est pas inutile de le rappeler dans un monde ou le terrorisme, la barbarie, la violation des droits de l’homme occupent une bonne partie du terrain.
Il est bon de rappeler à ceux qui sifflent la Marseillaise et qui parlent de leur pays d’origine comme d’un havre de bonheur, que ce dernier ne permet pas toujours de s’exprimer comme il est possible de le faire en France.
Sur le plan politique, la position de Ségolène Royal n’a rien à voir avec celle qu’avait prise Lionel Jospin en 2002, lorsqu’il s’était mis à courir derrière la campagne sécuritaire de Jacques Chirac. A l’époque le candidat socialiste s’était lancé dans une surenchère malsaine sans prendre appui sur des valeurs solides.
La force de Ségolène Royal, c’est de repenser la gauche en occupant un espace laissé en jachère. Il est évident que les socialistes qui souhaitent que rien ne bouge vont bougonner. Mais refuser de changer de stratégie c’est poursuivre dans la voie qui a mené au 21 avril 2002.
La liberté de parole de la candidate, c’est aussi la liberté de penser, c’est encore la liberté de sortir de la pensée unique que les intellectuels ne manqueront pas de rappeler à longueur de journaux. La société évolue, la candidate socialiste le sent, la gauche n’a pas forcément à y perdre et la droite aurait tord d’ironiser trop longtemps.
lundi 26 mars 2007
Nicolas Sarkozy : de l'intérieur à l'extérieur
Nicolas Sarkozy va finalement quitter le ministère de l’intérieur pour se retrouver simple candidat et président de l’UMP. Cela ne devrait pas changer grand-chose dans son emploi du temps. Le candidat avait déjà largement asphyxié le ministre notamment depuis le mois de janvier, date de son intronisation, ou depuis plus longtemps si l’on considère comme certains le prétendent que Nicolas Sarkozy n’était qu’un candidat utilisant les facilités données à un numéro deux du gouvernement.
Sur le plan des faits, Quand j'y pense retient en réalité deux périodes bien distinctes.
La première en 2002 lors de sa nomination au lendemain de la réélection de Jacques Chirac. A l’époque, cette fonction permet à Nicolas Sarkozy de construire cette image d’homme de droite assumant des choix parfois radicaux. Son message est simple, il veut montrer que son camp ne doit pas avoir de complexes. Il s’agit de ramener vers l’UMP, cet électorat populaire qui depuis quelques années préfère Le Pen à la droite classique.
La seconde période commence en 2004, après les régionales et la cuisante défaite de la droite. Le retour au sein du gouvernement ne consiste plus uniquement à montrer de quoi le ministre est capable. Le message est déjà passé. Non, cette place stratégique qu’est le ministère de l’intérieur permet à Nicolas Sarkozy de se prémunir contre les guets-apens politiques qu’il redoute.
Dans ce contexte, la question qui se pose est de savoir si le candidat UMP a eu raison de revenir au gouvernement et surtout si oui ou non, il a eu raison d’y rester si longtemps. On se souvient que lui-même avait évoqué un départ possible beaucoup plus tôt, en septembre 2006.
Partir aujourd’hui, c’est finalement quitter la barque du gouvernement assez tard. Nicolas Sarkozy aura plus de mal de se défaire de l’image de sortant. Image difficilement compatible avec cette volonté de rupture à laquelle il semble tenir.
Partir si tard, c’est aussi renforcer le sentiment trouble d’une utilisation de fonctions ministérielles pour des profits particuliers.
Reste maintenant à savoir ce que retiendront les électeurs de toutes ses manœuvres. Pencheront-ils en faveur du responsable politique capable de lutter contre l’immigration clandestine où retiendront-ils l’image du politicien défenseur de ses intérêts particulier. Réponse le 22 avril.
dimanche 25 mars 2007
L'europe, un sujet pas forcément bien "traité" par les candidats à la présidentielle
Les cérémonies pour célébrer les 50 ans du traité de Rome viennent rappeler que le débat sur l'avenir de l'Europe reste d'actualité. Pourtant, Quand j’y pense, je me dis que l’on ne va pas parler beaucoup du sujet dans cette campagne présidentielle.Je sais qu’il n’est pas tendance de parler d’Europe et de politique internationale parce que cela n’intéresse pas les français mais toutefois. L’un des premiers dossiers sur lequel devra plancher le prochain Président ou prochaine Présidente concernera l’Europe.
On
le sait depuis le vote en faveur du NON, le projet est bloqué dans
l'Union en attendant l’élection présidentielle française. C’est
seulement après mai 2007 que les discussions pourront véritablement
reprendre pour savoir à quelle saveur l'Europe sera mangée. C’est le
futur chef de l’état qui aura pour mission de relancer les discussions
et de faire des propositions.
Dans
ce contexte, il serait intéressant de connaitre l’opinion de Ségolène
Royal et Nicolas Sarkozy. Il serait même bien que cela devienne un
sujet de débat. A ce jour, certes, les deux candidats ont
rapidement évoqué le sujet, mais on sent bien qu’il ne faudra pas
attendre grand-chose de plus durant la campagne.
Il
faut dire que le sujet est explosif aussi bien à droite qu’à gauche.
Les plaies du référendum ne sont pas cicatrisées à l’UMP mais surtout
au PS. Parler d’Europe, c’est prendre le risque de diviser dans son
propre camp. Alors on se souviendra que Ségolène a séduit Jean Pierre
Chevènement avec une petite déclaration pendant la primaire socialiste
sur le
thème de la banque Européenne. On se souviendra que Nicolas Sarkozy
entend ratifier par voie parlementaire un traité plus simple. Mais quid
d’un véritable projet européen. Certes il reste François Bayrou, dont
cela devrait être normalement un sujet de prédilection, mais trop
occupé à séduire droite et gauche, il semble oublier que le sujet fait
partie des fondamentaux du feu CDS aujourd'hui UDF.
Quand
j’y pense,
je me dis que l’on ne va pas entendre beaucoup parler
d’Europe. Il est évident qu’on s’en remettra et que le débat n'est pas
de choisir ou non une constitution, mais un président de la république.
Cependant il y a quelque
chose de dérangeant. C'est que le sujet est facilement la cible des
critiques de Jean Marie Le Pen ou Philippe De Villiers. Et que laisser
le débat Européen glisser vers les extrêmes n’est pas forcément une
bonne nouvelle, n’est il pas ?
samedi 24 mars 2007
De "l'ouverture" de Mitterrand en 1988 à la "triangulation" de Royal en 2007
La triangulation en politique, cela consiste pour un camp à aller chasser sur les terres adverses. Lors de sa réélection François Mitterrand en 1988 avait joué la carte de l’ouverture notamment au centre, c'est-à-dire ouvrait les portes de son gouvernement afin d’aboutir à un socle politique plus large. Pour cette présidentielle, l’ouverture ne suffit pas, Sarkozy, Bayrou et Royal pour espérer l’emporter doivent chercher les électeurs quasiment un par un chez l’adversaire.
Nicolas Sarkozy avait pris sur le sujet un peu d’avance. Dès son arrivée place Beauvau, le ministre de l’intérieur a utilisé cette fameuse « triangulation ». On se souvient par exemple de sa volonté de reconduire les immigrés illégaux en dehors de nos frontières, tout en prenant position sur l’injustice des doubles peines. La prise de position avait fait tomber sous le charme quelques hommes de gauche, comme le cinéaste Tavernier.
François Bayrou profitant de l’espace laissé par un Dominique Strauss Kahn a joué la même partition avec l’argument des institutions. Il est allé cherché dans un premier temps non pas des électeurs mais un morceau du parti socialiste et cela lui a amené des votes potentiels.
Ségolène Royal arrivée plus tard que Sarkozy dans la précampagne a très vite utilisé la même méthode. Discours très à gauche avec le SMIC à 1500 Euros et « triangulation » sur sa gauche verte et sur la droite. A gauche, en prenant position contre les OGM, sur la droite avec la remise en question de la carte scolaire, avec l’encadrement militaire pour les jeunes et aujourd’hui avec l’identité nationale.
Evidemment, cela perturbe son camp. D’où les nombreux grincements de dents que l’on peut entendre venant des dirigeants socialistes et des fameux éléphants. Des grincements qui ont obligé la candidate socialiste à lever le pied durant quelques semaines avec le résultat que l’on connaît en matière de sondage. C’est ainsi que la candidate socialiste a décidé depuis une semaine de revenir à sa stratégie initiale. Drapeau national chez les français, la marseillaise à la fin des meetings, et cela ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. C’est la seule façon pour Ségolène Royal de garder une longueur d’avance et de reprendre la main.
Cela ne lui donnera pas forcément la victoire finale, mais cela devrait lui permettre d’amener à elle toute une partie de la population dont elle aura inévitablement besoin pour espérer gagner. Sarkozy, Bayrou, Royal, utilise la même arme, cette fameuse « triangulation » pour décrocher l’Elysée. C’est à cet endroit que se place la fracture entre les modernes et les anciens.
A n’en pas douter, quand j'y pense, je me dis que 2007 est l’année de l'arrivée d'une nouvelle génération à la tête du pays.
vendredi 23 mars 2007
Quand François Mitterrand s'invite dans la campagne présidentielle de 2007
A l’approche du week-end, Quand j’y pense a décidé de vous proposer une lecture insolite. Il faut dire que le blog en question a la particularité d’être bien écrit, aussi bien que s'il était signé de la main de l'ancien président de la république socialiste. Un vrai régal. Dans ces conditions, on accepte volontiers de croire tout comme lui le prétendait « aux forces de l’esprit ».
François Mitterrand a donc décidé de sortir de son silence pour cette campagne. Bon, rien ne dit qu’il s’agisse véritablement du vrai, mais lorsque l’on se penche sur ses textes, on accepte facilement de jouer le jeu qui consiste à penser qu’en effet, l’ancien président aurait pu en être l’auteur.
Quand j’y pense parle du blog qui existe depuis une quinzaine de jour et qui répond au nom de http://francoismitterrand2007.hautetfort.com. L’ancien président de la république revient donc grâce à Internet pour donner son sentiment sur la campagne et au passage donner un coup de main à Ségolène Royal. S’il est impossible de mettre un nom sur cet usurpateur, on peut toutefois prendre le pari qu’il s’agit de quelqu’un qui a été très proche de François Mitterrand. Qu’il s’agit de quelqu’un qui garde de nombreuses relations dans le monde politique en général et au parti socialiste en particulier. Si quand j’y pense devait donner un nom, il opterait pour un « Jacques Attali » ou un "Claude Estier". Mais il ne s’agit que d'hypothèses.
Dans l’attente de connaître la vérité, on en restera sur le fait qu’il s’agit bien de François Mitterrand et on se dira que Ségolène Royal aurait tord de se priver de tels conseils aussi avertis.
jeudi 22 mars 2007
Et si Chirac votait Sarkozy uniquement pour sauver la Ve république
C’est fait. Jacques Chirac a finalement daigné apporter son soutien à Nicolas Sarkozy. Personne ne sait d’ailleurs si cela est quelque chose de positif ou non pour le président de l’UMP. Mais visiblement ce dernier y tenait beaucoup. Il est d’ailleurs surprenant de constater combien Nicolas Sarkozy est mal à l’aise vis-à-vis du chef de l’état. Entre passion et haine. Les psychanalystes auraient de quoi dire sur le sujet.
François Mitterrand avait réussi à rentrer dans l’histoire dès
1981 en permettant à la gauche d’accéder au pouvoir. Il avait eu un petit bonus
grâce à sa réélection 7 ans plus tard en 1988.
Alors, certes, Nicolas Sarkozy n’est pas forcément le
successeur dont avait rêvé le président sortant dont on connaît les préférences
pour Alain Juppé ou Dominique de Villepin. Mais Jacques Chirac à défaut d’être
satisfait pourra toujours se consoler en se disant avoir réussi à réinstaller
le droite au pouvoir en France pour une longue période.
En cas d'échec, ce serait non seulement la droite qui serait battue,
mais en plus avec les projets de réforme de la constitution de Ségolène
Royal, ce serait la fin de la Ve république. Un comble pour Jacques
Chirac dont le but était justement de sauver les institutions de 1958.
C'est
ainsi que son soutien est plus que jamais intéressé. Il lui faudra
toutefois attendre le mois de mai pour savoir si son objectif est
atteint ou non et du même coup si, il laissera ou non, une
place un peu plus grande dans l’histoire.



