samedi 14 avril 2007
Michel Rocard ou l'art du big bang à contre temps
Le vrai problème de Michel Rocard, c’est qu’il est souvent à contre temps. C’est ainsi que l’ancien premier ministre a souvent eu le nez politique mais qu’il n’a pas toujours réussi à saisir le temps politique. Or on peut avoir raison sur le fond et rater le coche sur la forme. Avec son intervention dans la campagne électorale pour proposer un pacte avec l'UDF, et ce à une semaine du premier tour, Michel Rocard donne le sentiment de jouer contre son camp. Et même, s'il s’agit de préparer le second tour et un rassemblement avec le centre, il est clair, Quand j'y pense, que le dire aujourd’hui ne permet pas d'aboutir à grand chose, sinon à un big bang médiatique.
Michel Rocard est souvent passé à coté de son histoire. Il y
a eu cette candidature pour représenter les socialistes avant 1981, qu’il a du
ensuite retirer pour laisser la place à François Mitterrand. Il y a eu sa
nomination au poste de premier ministre qu’il a honoré dignement mais dont il n’a
pu profiter par la suite pour s’imposer durablement à la tête de la gauche. Il
y a eu encore son fameux « big bang » politique qu’il avait lancé le
Or le problème avec Michel Rocard, redoutable idéologue, c’est
qu’il n’avait pas comme François Mitterrand ce sens politique qui permet de
rester dans l’histoire. 1981, 1992,
1993, à chaque fois, le co-fondateur du PSU a raté la marche. En 81 en s’opposant
au mauvais moment à François Mitterrand, en 92 en ne profitant pas de son bilan
de premier ministre, en 93 en lançant en plein désert et seul sa recomposition
politique.
Soit Michel Rocard pense servir le Parti socialiste en vue
du second tour, mais le risque est lourd de perturber un électorat déjà très
fragile.
Soit Michel Rocard entend jouer personnel et il signerait
une fin de carrière politique bien petite comparée à la carrure d’homme d’état
qu’il avait pu avoir.
Soit Michel Rocard a décidé de faire payer avec retardement, sa campagne des Européennes
de 1994 ou il avait reçu en plein vol, la liste de Bernard Tapie. Un missile qui lui avait permis d’obtenir
seulement 14 % des voix et qui avait été à l’origine de sa démissionner par la suite de
son poste de premier secrétaire du Parti socialiste.
Quand j’y pense, je me dis, que le big bang de Michel Rocard proposé cette semaine, risque de détruire la galaxie de la gauche française. Une différence de taille avec le big bang originel dont la conséquence a été la création de l’univers.
