Quand j'y pense ou la campagne présidentielle au quotiden

Quelques petites réflexions sur Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marie George Buffet, Dominique Voynet et les autres... ou le suivi au quotidien de la présidentielle....

samedi 14 avril 2007

Michel Rocard ou l'art du big bang à contre temps


Le vrai problème de Michel Rocard, c’est qu’il est souvent à contre temps. C’est ainsi que l’ancien premier ministre a souvent eu le nez politique mais qu’il n’a pas toujours réussi à saisir le temps politique. Or on peut avoir raison sur le fond et rater le coche sur la forme. Avec son intervention dans la campagne électorale pour proposer un pacte avec l'UDF, et ce à une semaine du premier tour, Michel Rocard donne le sentiment de jouer contre son camp. Et même, s'il s’agit de préparer le second tour et un rassemblement avec le centre, il est clair, Quand j'y pense,  que le dire aujourd’hui ne permet pas d'aboutir à grand chose, sinon à un big bang médiatique.

Michel_RocardMichel Rocard est souvent passé à coté de son histoire. Il y a eu cette candidature pour représenter les socialistes avant 1981, qu’il a du ensuite retirer pour laisser la place à François Mitterrand. Il y a eu sa nomination au poste de premier ministre qu’il a honoré dignement mais dont il n’a pu profiter par la suite pour s’imposer durablement à la tête de la gauche. Il y a eu encore son fameux « big bang » politique qu’il avait lancé le 17 février 1993. Un coup de génie sur le plan idéologique. A l’époque, il faut le souligner, Michel Rocard proposait une large ouverture de l’UDF au PC en passant par les socialistes et les Verts. On pourrait relire son intervention et ne pas en changer une ligne, ni une virgule aujourd’hui soit 14 ans plus tard.

Or le problème avec Michel Rocard, redoutable idéologue, c’est qu’il n’avait pas comme François Mitterrand ce sens politique qui permet de rester dans l’histoire. 1981, 1992, 1993, à chaque fois, le co-fondateur du PSU a raté la marche. En 81 en s’opposant au mauvais moment à François Mitterrand, en 92 en ne profitant pas de son bilan de premier ministre, en 93 en lançant en plein désert et seul sa recomposition politique.

En 2007, une nouvelle fois, Michel Rocard semble se prendre les pieds dans le tapis. En proposant une alliance avec François Bayrou, à une semaine du premier tour, l’éléphant socialiste semble poignarder son propre camp. Cette proposition, il fallait là faire, il y a un an avant la primaire socialiste, ou la semaine prochaine en fonction du résultat du premier tour, ou plus tard encore pour préparer l’avenir.

C’est ainsi que 3 réflexions s’imposent.
Soit Michel Rocard pense servir le Parti socialiste en vue du second tour, mais le risque est lourd de perturber un électorat déjà très fragile.
Soit Michel Rocard entend jouer personnel et il signerait une fin de carrière politique bien petite comparée à la carrure d’homme d’état qu’il avait pu avoir.
Soit Michel Rocard a décidé de faire payer avec retardement, sa campagne des Européennes de 1994 ou il avait reçu en plein vol, la liste de Bernard Tapie. Un missile qui lui avait permis d’obtenir seulement 14 % des voix et qui avait été à l’origine de sa démissionner par la suite de son poste de premier secrétaire du Parti socialiste.

Quand j’y pense, je me dis, que le big bang de Michel Rocard proposé cette semaine, risque de détruire la galaxie de la gauche française. Une différence de taille avec le big bang originel dont la conséquence a été la création de l’univers.

Posté par quandjypense à 10:34 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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