lundi 16 avril 2007
Présidentielle 2007 : le "Bové" calcul de José
Mais qu’allait-il faire dans cette galère? la célèbre réplique des Fourberies de Scapin semble particulièrement bien s'appliquer à José Bové. Si, sa candidature avait pu paraitre logique il y a un an ou moment ou il avait hésité à y aller. Si, elle aurait pu être comprise au moment de la précampagne lorsque la gauche de la gauche cherchait une candidature unitaire, elle parait aujourd'hui bien décalée. Quand j'y pense, je me demande qui sont les électeurs qui vont voter pour lui, car José Bové est en campagne certes, mais plutôt en rase campagne.
Le problème de José Bové, c’est que les exploitants agricoles ne voteront pas pour lui. Cela peut paraître étrange puisqu’il est lui-même agriculteurs. Mais c'est une réalité, ses collègues ne l'apprécient guère. Il suffit pour s’en convaincre de lire les déclarations du président de la FNSEA. Jean-Michel Lemétayer ne regrettait-il pas, il y a quelques jours que le thème de l’agriculture ne soit pas évoqué dans la campagne. Et quand on connaît le poids réel de la confédération paysanne, dont a fait partie le candidat, on peut se douter que ce n’est pas là qu'il pourra faire des millions de voix.
José Bové sans les agriculteurs et sans les citadins. C’est en effet l’une des particularités du candidat aux moustaches, il plait en ville. Son image de syndicaliste militant, d’altermondialiste présent du Brésil en Afrique fait rêver les habitants des villes qui pensent que tous les agriculteurs sont des « petits Bové ». Or le contexte politique du moment ne va pousser ces électeurs potentiels à voter pour lui, trop occupés qu’ils sont à se rattraper de 2002. Le vote utile ne lui fera pas de bien.
Autre problème sur le fond cette fois, les propositions de José Bové sont déjà dans les programmes d’autres candidats. Le moratoire sur les OGM est proposé par les Verts et par Ségolène Royal. Le thème des politiques d’aides aux pays pauvres a été développé par la candidate socialiste. Dans ce contexte, on voit mal ce qui reste dans la besace du candidat Bové.
A l’arrivée, une étrange impression rode avec cette question à la clef. Pourquoi José Bové s’est il présenté à l’élection présidentielle? A-t-il simplement voulu gagner un peu de temps judiciaire ? Souhaite t ‘il ramener quelques voix supplémentaires à gauche pour le second tour ? Pense t' il se placer pour un poste de ministre en cas de victoire de Ségolène Royal? ou veut' il simplement se faire plaisir ?
Dans ce contexte et en attendant la réponse, on peut se demander en tout cas quel est l’intérêt de la présence de José Bové dans la campagne. Une interrogation d'autant plus embêtante que, Quand j’y pense ne semble pas être le seul à se là poser.

