jeudi 26 avril 2007
François Bayrou : 82 % des français n'ont pas voté pour lui au premier tour
François Bayrou a donc décidé de ne pas décidé. En réalité, c’est déjà une décision. Que le centre ne se range pas comme il le fait depuis des dizaines d’années derrière la droite classique, c’est une façon de choisir. Mais comme l’UDF n’est pas François Bayrou, on peut s’attendre à voir tanguer la machine dans les jours et les semaines à venir. Il faudra encore un peu de temps pour faire des élus UDF de vrai élus du Parti démocrate. Il y a ceux qui suivront le chef, ceux qui quitteront le navire et les petits nouveaux qui rejoindront l’aventure. En attendant, quand j'y pense, je me dis que François Bayrou est condamné à avancer sous peine de disparaître.
La longue marche de François Bayrou vers le sommet de l’état débute aujourd’hui avec la création de son nouveau parti. Le leader centriste sait qu’il faudra encore du temps pour rendre sa démarche victorieuse. Il se donne 5 ans. Durant cette période, il espère pouvoir devenir l’arbitre du prochain président de la république qu’il espère de gauche.
L’ancien candidat à la présidentielle estime en effet qu’il vaut mieux pour lui une Ségolène Royal à l’Elysée pendant 5 ans, plutôt qu’un Nicolas Sarkozy dont le risque est de le voir garder les manettes du pays pendant beaucoup plus longtemps. François Bayrou pense également que c’est à l’assemblée nationale que se jouera vraiment cette présidentielle. Il fait le pari que la gauche ne sera pas en mesure d’obtenir une majorité et que son parti fort d’un petit groupe de député en deviendra l’arbitre.
A la question de savoir pourquoi la gauche plutôt que la droite, la réponse est simple. François Bayrou pense que la recomposition politique à gauche ne fait que commencer alors qu’à droite elle a déjà eu lieu depuis la création de l’UMP. Avec le retrait de Jean Marie Le Pen, il estime que l’UMP s’étendra encore un peu sur la droite et deviendra une sorte de parti républicain à la française. A gauche, le travail reste à faire avec un PS qui ne correspond plus à la société française, avec des écologistes discrédités, avec un parti communiste en fin de vie. Conséquence, son parti démocrate ancré au centre devrait pouvoir s’imposer comme le mouvement d’alternance.
Reste pour l’heure, une ombre au tableau. 82 % des français n’ont pas choisi de voter pour lui au premier tour de l’élection présidentielle. Conséquence, il doit faire attention de ne pas s'enfermer dans un discours ou tout le monde à tort sauf lui. Il bénéficie actuellement d’une sur représentation médiatique qui ne correspond pas à la réalité de son poids politique. Son défi consiste à courir après le temps en espérant courir plus vite que la gauche. Quand j’y pense, je me dis que l’affaire n’est pas gagnée mais que l’homme ne doit pas être sous estimé.
