mardi 22 mai 2007
Prévenir la gauche qu'on ne parle plus de "réclame"
Nicolas
Sarkozy a choisi son style. Il sera un président à
l’américaine ou à l’anglaise. Un président qui s’exprime sur tous les
sujets,
dès la descente de son avion, lors de ses déplacements, bref comme peu
le faire
un Georges Bush ou comme le faisait un Bill Clinton. Un président chef
de sa
majorité qui occupe la place de président, premier ministre et patron
de sa formation, comme un Tony Blair en Angleterre. Le nouveau
président innove et
dessine à sa façon la forme de sa présidence. La gauche et notamment le
PS s’apprêtent pendant ce temps là à se battre pour savoir qui
gardera les cendres laissées par François Mitterrand.
Si la gauche veut exister dans les mois à venir, il va
falloir qu’elle fasse preuve d’imagination et qu’elle accepte d’utiliser les
armes et les moyens du 21 me siècle. Quand j’y pense l’a déjà souligné, les
services de presse du parti socialiste sont parfaitement adaptés lorsque vous
n’avez rien à demander. Les journalistes qui souhaitent avoir une réaction d’un
homme politique doivent s’armer de courage. Mails, coups de téléphone, remails,
retéléphone, pour à l’arrivée une possible réaction qui interviendra 24 heures
après l’évènement, et ce, en cas de réponse positive.
La campagne électorale a montré qu’à l’heure d’internet, un
sujet en pousse un autre avec une rapidité surprenante. Dans ce contexte, il
est important de pouvoir réagir avec la même rapidité. On peut émettre un
jugement de valeur sur le fond, et déplorer cette dérive de notre société, mais
sur la forme, c’est la réalité. Gagnent ceux qui savent rebondir, réagir,
réactualiser.
Nicolas Sarkozy croit à la force de l’image. Une image doit
dire quelque chose. On voit courir le président, l’action est en marche. On
voit le président revenir sur ses pas pour une poignée de main avec Bernard
Kouchner, l’ouverture est bien là. On voit le président boire un café avec son
premier ministre, le gouvernement travail. L’opposition doit également utiliser
la même méthode pour espérer marquer les esprits. Il faut que chaque
intervention de l’opposition soit accompagnée de l’image qui va avec. L’opposition
se rassemble pour les législatives, cela doit se voir. L’opposition proteste
contre une mesure proposée par le nouveau gouvernement, il faut trouver le
geste qui symbolisera la contestation. C’est ni plus ni moins que le sac de riz
de Bernard Kouchner il y a quelques années sur tous les écrans de télévision.
Alors bien sur, les adeptes de valeurs, de programmes,
peuvent être choqués par cette vision du monde qui semble plus s’intéresser à
la forme qu’au fond. Mais Quand j’y pense, je me dis que cela n’empêche
personne de réfléchir.
mercredi 16 mai 2007
François Hollande : fini de rire
Qui a dit que le Général de Gaulle est l’homme qui a dit non et Jacques Chirac est l’homme qui a dissous. Qui a dit répondant au président centriste qui était à la recherche il y a quelques semaines d’un Jacques Delors jeune, « Bayrou veut un Delors jeune, et pourquoi pas un Montebourg vieux ou une Ségolène Royal homme ». C’est François Hollande. Et la liste des bonnes phrases ne s’arrête pas là, car le secrétaire national du Parti socialiste dispose de cette qualité qui est de savoir trouver le bon mot. Encore mieux qu’André Santini.
Il
était d’ailleurs surprenant de constater combien François Hollande
était bon lorsqu’il est intervenu durant cette campagne. Comme s’il
avait décidé d’assumer ce trait de personnalité qu’il a plutôt tendance
à cacher habituellement. Sa déclinaison sur le droit opposable pour les
maisons de retraite, mais aussi pour les écoles,
mais aussi pour les crèches lors de l’un de ces discours, fait partie
des séquences que les internautes chargent volontiers sur You tube.
Mais malheureusement pour François Hollande, ce savoir rire qui pourrait en faire un politique redoutable n’arrive plus à cacher l’échec de l’opposition qu’il a mené depuis 5 ans. C’est d’ailleurs l’un des problèmes du leader socialiste. Il est impossible de savoir quel a été son rôle depuis 2002. Il faut reconnaitre que l’homme a eu de quoi faire en interne. Il a fallu gérer l’union des socialistes après la débâcle de Jospin, mais aussi écarter les peaux de banane de la campagne pour le referendum, ou encore organiser la primaire pour l’élection présidentielle. Et c’est vrai qu’à première vue, François Hollande a réussi à sauter tous les obstacles. A première vue seulement, car à l’arrivée il a oublié qu’il aurait du être le premier opposant de France. Une place qu’il a trop souvent laissée au président de l’UDF, François Bayrou.
Et
les succès électoraux des socialistes lors des élections intermédiaires
n’ont pas arrangé les choses. Ils ont permis à François Hollande de
cacher ses manques et celles des socialistes. Car il est évident avec
le recul que la victoire de la gauche aux élections régionales est plus
à mettre sur le compte du rejet du gouvernement de l’époque que sur une
adhésion aux thèses socialistes.
Conséquence, l’heure de vérité va sonner pour François Hollande. Le statu quo n’est plus possible pour lui et nombreux sont ceux qui vont vouloir sa place dès la fin des législatives. Le premier secrétaire ne pourra pas se contenter de cacher la misère. L’avis de gros temps qui s’annonce est susceptible d’emporter, le parti socialiste mais aussi son premier secrétaire. En tant que capitaine, François Hollande va devoir prouver qu’il peut non seulement sauver le bateau mais aussi sauver sa peau. Une défaite l’écarterait du pouvoir pour un long moment, une victoire personnelle lui permettrait au contraire de tout imaginer.
Et puisque l’homme à de l’humour, Quand j’y pense peut juste ajouter : rira bien qui rira le dernier.
