jeudi 7 juin 2007
Campagne des législatives 2007: c'est décidemment pas de la "carte"
Il est toujours dangereux pour un commentateur de se croire acteur de la vie politique. Quand j’y pense ne tombera donc pas dans le panneau en expliquant aux hommes politiques ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire. Mais, mon dieu qu’il est rageant de constater combien l’opposition est à coté de la plaque. Le seul débat des législatives, c’est celui qui pose la question de la représentation nationale. Quelle majorité, quelle opposition, ou plus exactement combien de députés seront élus pour l’UMP et combien pour le PS. Alors au lieu de ne rien dire sur le sujet, pourquoi ne pas l’aborder sur la forme et sur le fond, plutôt que de parler pour ne rien dire.
Décidemment, elle aura fait couler beaucoup d’encre, cette future majorité hégémonique de l’UMP à l’assemblée nationale. Quand j’y pense rappelle les arguments. A droite, il faut une majorité large pour mener à bien les réformes. A gauche, il faut une opposition forte et large pour garantir une meilleure vie démocratique. La nouveauté du jour, c’est cette possibilité d’introduire une légère dose de proportionnelle. Nicolas Sarkozy en reparle dans une interview donnée au journal Le Figaro. En réalité, cela ne sert à rien de commenter. En cas de réforme de mode de scrutin, il faudra attendre 5 ans pour que cela se traduise dans les actes. C’est ainsi que l’intervention du président de la république donne le sentiment qu'il y a une avancée, alors qu'en réalité, il n'y a rien de nouveau. En résumé, Nicolas Sarkozy fait un pas de plus vers "l’ouverture" sans avoir à débourser le moindre centime. Une annonce en forme de gagnant gagnant pour le chef de l’état.
Mais ce que l’opposition ne dit pas une nouvelle fois, c’est qu’outre une dose de proportionnelle, c’est la carte électorale qui est en question. On le sait, le découpage des circonscriptions a été fait de telle sorte par Charles Pasqua en 1986 qu’elles ne correspondent plus aujourd’hui à la réalité sociologique de notre société. Pour être plus concret. Pour assurer à la droite une meilleure représentation à l’assemblée nationale, de nombreuses circonscriptions ont des formes étranges. C’est ainsi que de nombreuses communes rurales sont incluses dans le périmètre de certaines circonscriptions urbaines. Il s’agit de donner un avantage aux candidats de droite qui peuvent ainsi plus facilement se faire élire dans des endroits où la gauche pourrait normalement s’imposer. Car on le sait le monde rural penche plutôt à droite qu’à gauche.
Le vrai débat à propos de l’assemblée nationale devrait être beaucoup plus large que celui proposé. Il y a la proportionnelle, le découpage des circonscriptions, la représentativité des députés. Bref, quand j’y pense se demande s’il y a un pilote dans l’avion de l’opposition et notamment du coté de son aile gauche.
mercredi 6 juin 2007
Législatives 2007 : Constitution et fonds de tiroir
La seule thématique qui subsiste durant cette campagne, c’est celle de l’importance de la vague UMP qui va s’installer à l’assemblée nationale. 400 députés sur 577, un peu plus un peu moins. Le suspens est insoutenable. Le seul argument qui peut être mis en avant en cas de raz de marée, c’est qu’au-delà de 400 députés, Nicolas Sarkozy pourra plus facilement triturer la constitution. Actuellement le groupe UMP au Sénat est composé de 146 sénateurs. Pour atteindre les 3/5 au congrès, sénat plus assemblée nationale, il faut 543 votes. Le calcul est vite fait.
A gauche, l’heure est aux jeunes. Valls, Montebourg, Hamon, Peillon, Le Foll, voici les noms de ceux qui sont amenés à jouer un rôle demain. Evidemment, on ne va pas se plaindre de voir arriver de nouvelles têtes. On a suffisamment critiqué les « éléphants » et leur pouvoir de nuisance. Mais attention, la jeunesse en soi n’est un argument de vente. Si la nouvelle génération ne rêve que de prendre la place de ses ainés pour briller en société, cela ne risque pas d’aboutir vers un profond bouleversement. Il faudra attendre l’après législatives pour savoir si l’arrivée de ces jeunes socialistes se fait sur des idées ou sur des postes à prendre au Parti socialiste.
Décidemment, Quand j’y pense, a le sentiment de racler les fonds de tiroir pour trouver de quoi alimenter cette campagne. La politique avait fait son retour avec la présidentielle, il serait dommage que tous les efforts des mois passés soient d’ores et déjà à ranger dans la famille des pertes et profits.
mardi 5 juin 2007
Nicolas Sarkozy ou la démocratie absolue
Pas facile de trouver un lien dans cette période compliquée. Mais plus les jours passent, plus l’heure des législatives avance plus on a le sentiment que le paysage politique ressemble à celui que l'on trouve après un incendie de forêt. Quand il ne reste plus que les troncs calcinés des arbres dans un désert de cendres.
Il y a tout d’abord, comme le soulignaient François Bayrou et François Hollande, cette super puissance que représente le chef de l’état. Il est étrange de constater que même à droite, il ne reste rien sinon Nicolas Sarkozy. On a l’impression qu’un mur de Berlin à la Française vient de s’effondrer et que rien ne peut arrêter le vent de droite qui souffle. La droite n’a pas fait que gagner, elle s’est emparée de toutes les parcelles de la société. On peut noter qu’à moyen et long terme, la droite française peut déjà se faire du souci. Lorsque l’état de grâce ne se fera plus sentir, plus rien n’existera dans le camp de l’UMP. Les temps peuvent être durs au lendemain d’une monarchie absolue.
Il y a ensuite, cette gauche en forme de squelette. La peau et les os. L’opposition est plus que paralysée. Elle ne semble pas posséder la moindre réserve d’idée. Le moindre début de fil sur lequel elle pourrait tirer pour refaire une pelote. La gauche est morte sous sa forme actuelle. Il ne s’agit pas de crier avec les loups ou d’enfoncer des portes ouvertes, mais actuellement il n’existe plus d’alternative. Certes, cela peut se reconstruire, mais pas à la veille d’élections législatives.
Le problème vient du fait qu’il ne s’agit pas d’opposer un programme à un autre programme. Car, le monde qui s’écrit, est un monde avec de nouvelles valeurs. Et les valeurs sont plus difficiles à changer que les programmes. Les valeurs ne se changent pas, elles s’usent, vieillissent avant de sombrer. Il a fallu 40 ans pour que les valeurs de mai 68 soient attaquées. Il a fallu 30 ans pour que l’on tourne la page de mai 81. Quand j’y pense, je me dis qu’il va falloir du temps avant que l’on parle de 2007 au passé.
lundi 4 juin 2007
Elections législatives: un parti unique pour la France
On ne compte plus les cadavres depuis l’élection présidentielle. Lutte ouvrière, les verts, les communistes, les chasseurs, les centristes ont disparu de la scène politique alors que nous sommes normalement en pleine campagne.
C’est simple, Quand j’y pense est incapable de donner le moindre programme. Que défendent les Verts pour ces législatives, que veulent les communistes, que pensent les socialistes. Et pire, même l’UMP ne perd pas de temps à proposer sur son site Internet un programme. Il s’agit juste d’aller voter, les yeux fermés. Signer le chèque, on s’occupe du reste. Et pourquoi pas mettre en place un parti unique, cela ferait gagner du temps. Dans ce contexte, il est bien difficile de commenter la campagne...
dimanche 3 juin 2007
Le Palais Bourbon, une assemblée pas totalement nationale.
Le Palais Bourbon. C’est l’un des monuments les plus puissants de Paris. Il est difficile lorsque l’on passe devant de ne pas vibrer en pensant à toutes les lois qui ont été votées dans l’enceinte de ce morceau d’histoire. Dans quelques jours, ils seront donc 577 députés qui seront élus pour représenter les français et les françaises. Et pourtant, l’on ne peut s’empêcher de sentir un malaise s’emparer de nous lorsque l’on évoque cette fameuse assemblée nationale.
Il y aurait beaucoup à dire sur le fonctionnement
de l’assemblée nationale. Sur la façon dont vit cette machine à fabriquer les
règles de notre société. Sur ces commissions qui travaillent sans que le
citoyen ne comprenne toujours comment cela se passe. Sur ces questions qui sont
posées aux gouvernements les mardis et mercredis. Avec les petits arrangements
entre amis pour que le député de tel département puisse faire sa petite
intervention devant les écrans de télévision. Sur les discussions de couloirs
qui seront reprises dans les différents journaux d’information. Bref, il y
aurait beaucoup à dire.
Mais ce qui est le plus important. C’est que cette chambre
qui est censée représenter la France, ne représente à l’arrivée qu’une infime
partie de la population de notre pays. Pour faire simple, on peut répartir en
deux catégories les hommes politiques qui siègent. D’un coté, il y a les
professionnels et de l’autre les élus locaux qui montent à Paris. D’un coté,
les têtes d’affiche et de l’autre les petits moutons qui ne servent bien souvent qu’à
valider les textes proposés par les gouvernements.
A l’arrivée, cette assemblée se retrouve vouée à rassembler
une horde majoritaire d’hommes plus que de femmes qui n’auront que deux
obligations. Voter les lois et voter le budget de la nation, sans trop se poser de questions.
Si au moment de son renouvellement, l’assemblée nationale dispose d’une légitimité, elle ne peut que s’atténuer au fil du temps. D’où une réelle cassure entre le peuple et son assemblée. Si le nouveau président peut espérer compter sur une majorité pour faire les réformes nécessaires, il devra pourtant très vite s’en méfier. Car une nouvelle fois, la société risque d’évoluer plus vite que son parlement.
samedi 2 juin 2007
Elections législatives: rien ne va plus!
Il en faut du courage pour se dire que la campagne pour les législatives est importante. Il en faut de la volonté pour continuer d’être passionné par le choix que les français vont devoir faire dans quelques jours maintenant. Et les journalistes n’y sont pour rien, en l’occurrence. Eux aussi rencontrent des difficultés pour arriver à faire vivre le débat.
L’affaire est pliée en réalité depuis l’élection
présidentielle. C’est l’une des dérives de l’inversement de calendrier et du
quinquennat. Des élections législatives n’ont rien à dire deux mois après
l’arrivée d’un nouveau chef d’état. Tous les grands débats ont eu lieu. Tous
les choix stratégiques ont été validés avec l’élection du nouveau président de
la république.
Si bien que même les politiques ne sont pas au rendez-vous. Alors bien sur, ils
répondent aux invitations des médias, mais si les journalistes pouvaient un peu
les oublier cela ne serait pas plus mal.
L’heure est à la chasse aux Euros que rapporteront les électeurs qui feront le choix de voter pour tel ou tel parti. Car l’élection est avant tout une sorte de grand casino. Chaque électeur rapporte pour la formation politique pour laquelle il met son bulletin. C’est ainsi que l’on peut voir réapparaitre quelques mouvements que l’on croyait perdus. Génération Ecologie par exemple qui signe son retour avec ce slogan choc, GE une planète d’avance.
Quand j’y pense, je me dis qu’on est bien gentil de s’intéresser à ces échéances. Tant qu’à faire, l’on devrait proposer que les élections législatives aient lieu le même jour que l’élection présidentielle. Cela serait certainement plus cohérent.
vendredi 1 juin 2007
Remboursement de la carte orange à 100 % : on en parle "ja mais trop"
Elle est intéressante cette histoire de ticket de métro. Le gouvernement pourrait en effet donner son accord pour que la carte orange des employés d’Ile de France soit remboursée totalement contre 50 % à ce jour. Dans le camp de ceux qui soutiennent le projet, les employés, les écologistes, dans le camp des contre les employeurs qui n’aimeraient pas voir leur facture doubler. Arbitre de l’affaire, le gouvernement et notamment le super Ministre Alain Juppé qui doit trancher.
Le débat est intéressant car il signe la fin de la campagne électorale. Car après le temps des discours arrive aujourd’hui le temps des actes. Si le gouvernement recule sur cette affaire, on pourra douter de sa volonté de changer les valeurs qui régissent les grands choix politiques du pays. En revanche, s’il donne son accord, alors on sera en mesure d’accorder une confiance plus grande à ce nouveau pouvoir qui se met en place.
Bien sur, l’affaire ne figurait pas forcément dans le programme de Nicolas Sarkozy. On peut même aisément imaginer qu’il s’agit d’une petite peau de banane laissée avec plaisir par l’ancien premier ministre. Mais à l’arrivée le dossier se retrouve sur la table et l’heure du choix aussi. Les services administratifs et les différents lobbies ne vont pas manqués de dire combien il est impossible d’appliquer un tel texte. Le rôle du politique serait de permettre sa mise en place.
Sur le sujet des taux d’intérêt pour les emprunts immobiliers, c’est le président de la république qui a tranché contre son ministre. Suivant le choix d’Alain Juppé, il sera intéressant de voir la position de Nicolas Sarkozy. Quand j’y pense se demande également où sont passés les écologistes et les socialistes sur un tel sujet. Or, c’est justement à cet endroit précis que devrait se trouver l’opposition. Mais il doit être plus important de débattre sur le nom de celui qui sera candidat en 2012 ou 2017.
jeudi 31 mai 2007
4 colonnes sans la Une pour Ségolène Royal
François Fillon a raison sur un point. La légitimité vient de l’élection. C’est ainsi que la force de Nicolas Sarkozy en ce début de mandat vient du score élevé qu’il a obtenu lors de son élection. Avec 85 % de votants et près de 54 % de suffrages, le nouveau chef de l’état dispose d’une large marge de manœuvre.
Ségolène Royal avec ses 17 millions d’électeurs dispose actuellement du même genre de légitimité. Elle peut en effet facilement faire prévaloir son résultat pour espérer s’imposer à la tête de la gauche.
Mais cette légitimité ne risque t’elle pas de s’émousser avec le temps.
Il ne faut pas sous estimer le poids de la salle des 4 colonnes, ce fameux vestibule par lequel tous les députés passent pour ce rendre dans l’hémicycle. Passer par cette célèbre salle, c’est assurément s’ouvrir les portes des médias, qui guettent lors des séances, entrées et sorties des députés pour attraper la réaction ou la petite phrase qui sera susceptible de faire la Une des journaux du soir et du lendemain.
Etre à l’assemblée nationale, c’est aussi bénéficier d’une infrastructure, assistants, accès aux documents officiels, aux commissions parlementaires. Etre à l’assemblée nationale, c’est aussi être un élu de la nation pendant le temps d’une mandature.
Qui est capable de citer le nom d’un président de région si celui-ci ne dispose pas d’une casquette nationale. Qui connaît le nom du président de la région Champagne Ardennes, de la région du Centre, de la région des pays de la Loire.
Quand j’y pense, je me dis qu’il est dommage de bouder une telle tribune. Les règles sur le cumul des mandats évolueront peut être un jour, mais en attendant, il est étrange de vouloir se priver d’un mandat de parlementaire. Les conférences de presse organisées au siège du PS n’ont pas la même valeur et la même couleur.
Dans la famille pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !
mercredi 30 mai 2007
Nicolas Sarkozy choisit une "Royal" opposition
La campagne pour les élections législatives commence
seulement. Il aura fallu trois bonnes semaines pour que les différents camps se
remettent en chasse d’électeurs. Trois semaines durant lesquelles, la gauche
s’est un peu plus décomposée. Trois semaines durant lesquelles, la droite a de
son coté trouvé ses marques. Les deux meetings d’hier ont permis de redécouvrir
les têtes d’affiche. Le duo Royal, Saroky.
Il est d’ailleurs intéressant de constater que la montée au
créneau de Nicolas Sarkozy lors du meeting du Havre était une réponse directe
aux critiques de son adversaire socialiste. Ségolène Royal avait commencé
depuis lundi à taper sur la promesse en matière de logement du candidat Sarkozy
qui s’annonçait plus généreuse que la proposition du gouvernement
Sarkozy. La réponse est arrivée très vite. Finalement, tous les emprunteurs
seront concernés par la mesure fiscale.
Pour Nicolas Sarkozy, le leader de la gauche, ce n’est ni
Delanoé, ni DSK, ni Fabuis. C’est Ségolène Royal. C’est à elle qu’il répond. C’est
elle qui représente l’opposition et dont il faut se méfier. Dans ce contexte,
Quand j’y pense s’interroge sur la décision de Ségolène Royal de ne pas se
présenter à la députation, mais cela est un autre débat.
mardi 29 mai 2007
Royal, DSK, socialiste et Modem: qui mangera qui ?
Ainsi Dominique Strauss Kahn envisage de soutenir des
candidats du MODEM au deuxième tour des législatives. DSK estime que les
socialistes ne seront pas majoritaires à
l’assemblée nationale et que l’avenir ne pourra se faire qu’en nouant avec ce
nouveau centre une alliance.
Tout d’abord, on peut noter que cette annonce intervient 48
heures après le retour de Ségolène Royal dans la campagne et le jour ou cette
dernière n’exclut pas de briguer la tête du PS.
Sur le fond, il est difficile de dire aujourd’hui si
Dominique Strauss Kahn a raison ou tort. Il est évident que pour espérer
retrouver le pouvoir, la gauche va devoir imaginer de nouvelles alliances. Des
alliances sur la droite, mais aussi sur la gauche.
Le but de député Béarnais est de créer ce grand parti démocrate dont il rêve à haute voix. Un mouvement avec lequel il entend avaler un bon nombre de socialistes, mais aussi des Verts, des radicaux et pourquoi pas une partie des communistes.
Ouvrir la porte comme le fait le maire de Sarcelles, c’est donner raison à François Bayrou. Mais ne pas le faire, c’est assurément se priver de prochaines victoires. Car Quand j’y pense en est persuadé, pour rivaliser avec l’UMP de Nicolas Sarkozy, un autre grand parti est nécessaire. Un parti très large capable de rassembler toute la gauche de l’échiquier politique.
Or la question à venir, n’est plus de savoir si ce nouveau mouvement doit voir le jour, mais qui en prendra la tête. Et inviter François Bayrou, c’est assurément lui faciliter la tache pour mener à bien son projet.
