dimanche 13 mai 2007
Changement de direction pour Ségolène Royal
La politique, c’est un peu comme aux échecs, il faut toujours avoir deux coups d’avance. C’est ainsi que Ségolène Royal se positionne déjà pour le prochain congrès du parti socialiste. En jeu, sa direction et du même coup le leadership pour une candidature en 2012. Il faut dire que la candidate malheureuse ne veut pas se retrouver dans 5 ans dans la même situation, c'est-à-dire avec un parti dont la seule préoccupation serait de lui mettre à nouveau des bâtons dans les jambes.
En choisissant de ne pas se représenter à la députation,
Ségolène Royal donne rendez-vous aux militants socialistes qui devront désigner
leur futur secrétaire national. Elle entend ainsi montrer qu’elle sera
totalement disponible pour mener à bien la reconstruction de la gauche et
devenir la chef de l’opposition. Le pari est risqué car la place de député
permet d’avoir accès à certains dossiers, à certaines informations. Elle permet
aussi d’être en contact direct avec les médias qui font leur marché dans la
salle des 4 colonnes.
En choisissant de s’exprimer sur l’attitude des
socialistes durant la campagne et en mettant en avant les nombreuses peaux de
bananes qu’elle a du éviter durant des mois, elle cherche à précipiter la tenue
du congrès. C’est important car plus le congrès aura lieu tôt, plus elle
pourrait bénéficier de la légitimité qu’elle a obtenu grâce aux 17 millions de
voix du second tour. En sortant les couteaux dès dimanche dernier soir du second
tour, Dominique Strauss Kahn lui donne d’ailleurs involontairement un coup de
main.
A ce jour, Ségolène sait qu’elle peut compter sur le soutien des
militants qui devraient facilement lui offrir les clefs de la maison socialiste
en cas de consultation. Elle sait que le chemin de la reconquête va être long.
Car une fois à la tête du PS, elle devra rénover la gauche dans son ensemble,
elle devra ensuite symboliser l’alternance.
Pour revenir sur la décision de
Ségolène Royal de ne pas être député, Quand j’y
pense, je me dis qu’il n’est pas forcément nécessaire de se
rajouter un handicap et que si l’idée est bonne, elle peut se révéler moins
pertinente dans les années à venir. Une solution consisterait pour elle à être
suppléante dans son ancienne circonscription. Une façon de garder une roue de
secours en cas de problème. Car Ségolène Royal ne doit pas perdre de vue que le
nouveau Président de la république va lui aussi avancer et du coup obliger ses
adversaires à s’adapter au nouveau monde qu’il va mettre en place.
mercredi 18 avril 2007
Présidentielle 2007, et les français votaient pour l'alternance
On connaît le principe d’Archimède qui dit que tout corps plongé dans l’eau le téléphone sonne. On devrait ajouter que pour toute élection, il ne faut pas sous estimer la force de l’alternance. On pourrait penser qu’il s’agit là d’une réflexion partisane qui consiste à trouver à tous prix les arguments pour mettre en avant un candidat particulier, mais l’on aurait tort. Quand j'y pense, je me dis qu'il suffit simplement de regarder l'histoire pour s'en convaincre.
Ce qui est marquant dans cette dernière ligne droite avant le premier tour, c’est qu’étrangement le paysage semble se dégager. Les doutes qui rodaient depuis de longues semaines dans les sondages paraissent disparaître alors qu’approche la date du 22 avril. L’heure est au bilan. Il revient en mémoire, notamment avec le choc du 21 avril, toute l’eau qui a coulé sous le pont. Les trois années de gouvernement Jean-Pierre Raffarin, les deux années du gouvernement de Dominique De Villepin. Les différentes réformes plus ou moins bien acceptées. Il revient en mémoire, les manifestations des professeurs, des étudiants avec le CPE, les manifestations contre la réforme des retraites. Il revient ce qui fait finalement le bilan d’un quinquennat de Jacques Chirac et des deux premiers ministres qui se sont succédés à Matignon. Il revient en mémoire que Nicolas Sarkozy a été l’un des acteurs de ces 5 années.
Parmi les souvenirs qui remontent à la surface alors qu’arrive l’heure du choix, il y a aussi la victoire des socialistes aux élections régionales, la bonne tenue de la gauche pour les Européennes, le vote du non au référendum et l’absence de considération du pouvoir en place. Il revient que tout ce passé semble finalement assez lourd et pas tellement positif dans l’escarcelle de l’équipe qui s’apprête à quitter le pouvoir.
Or en politique, changer les choses c’est en premier lieu changer les hommes, et ce sans forcément remonter jusqu'à la révolution avec les têtes coupées. L’expérience plus proche de ces dernières années montre que la meilleure façon de trouver un nouveau souffle, c’est de donner à l’opposition sa chance. C’est ainsi que les électeurs ont fonctionné en 1981, puis 86, puis 93, puis 95, puis 97, puis 2002. C’est ce qu’on appelle l’alternance. Ce principe qui veut que le balancier va d’un coté puis de l’autre. C’est là que se trouve la vraie rupture, le vrai changement.
Or en cette fin de campagne, Nicolas Sarkozy semble rattrapé par ce principe. La France a raté son entrée dans le siècle en 2002 avec un choix impossible. Elle ne devrait pas refaire la même erreur cette année. Alors certes, ils sont deux à vouloir incarner cette alternance. Ségolène Royal et François Bayrou si l’on estime que le candidat UDF peut véritablement jouer ce rôle là. Quoiqu’il en soit, une page s’apprête à être tournée et il n’est pas sur que le changement de génération suffise. Et qui mieux que la gauche peut incarner ce nouveau départ. Alors certes, la droite dispose d’une majorité dans le pays mais la gauche possède une allier. L’alternance. Quand j’y pense, je me dis que l’oublier serait une erreur.
dimanche 15 avril 2007
Royal, Sarkozy : du bon temps pour arriver à l'heure
Ce qu’il ne faut pas perdre de vue dans une campagne électorale, c’est le temps. Pas les prévisions de météofrance, mais bien le timing. Ces différents espaces qui font tout comme la chrysalide d’un papillon qu’un président ou une présidente sort du candidat. Nicolas Sarkozy s’est vu président dès février, François Bayrou y a cru en mars, et Ségolène Royal va seulement commencer à y croire. Quand j'y pense ne cherche pas à dire que l’élection est déjà terminée puisque les français feront connaître leur choix que dans les semaines à venir, mais on peut noter que telle que la fable du lièvre et de la tortue, l’important est d’arriver au bon moment.
Le temps d’une campagne électorale, c’est un peu comme le temps du journal de 20 heures sur la une et la deux. Quand vous zappez à 20h10, 20h15, vous tombez en général sur les mêmes sujets. Dans la campagne présidentielle, c’est un peu la même chose. Cette fin de semaine a été marquée par l’ouverture au centre pour le PS avec Michel Rocard et Bernard Kouchner, et par l’ouverture en direction du FN pour l’UMP avec les déclarations de Brice Hortefeux. Quelques jours plus tôt, on avait eu droit aux soutiens. Delors pour Ségolène Royal, Azuz Bégag pour François Bayrou, Borloo pour Nicolas Sarkozy. En remontant un peu plus loin dans le temps, on a eu le temps des programmes, le temps des trahisons, le temps des projets, etc…
Si l’on se fixe maintenant sur les deux leaders, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. On notera que le rapport au temps a été finalement bien différent. Nicolas Sarkozy est parti il y a fort longtemps maintenant en campagne. Depuis plusieurs années et officiellement depuis qu’il avait reconnu penser à l’élection le matin en se rasant. Il a choisi de s’imposer par le haut en écartant un à un ses adversaires. En utilisant le rapport de force comme arme et en défiant le temps. En courant après. En tentant de le maitriser et de le mettre à ses pieds.
Ségolène Royal est parti plus tard dans la bataille. Certes, elle a du écarter elle aussi ses concurrents proches, mais elle a laissé, même de façon organisée, les autres venir à elle. Elle a donné le temps à sa candidature de s’imposer comme une évidence. Elle a joué avec comme un chat le fait avec une souris. Elle l’a laissé partir quelques fois pour mieux le retrouver à une autre place.
Plus près de nous, en janvier, alors que Nicolas Sarkozy lançait dans un meeting aux ordres sa campagne, Ségolène Royal elle poursuivait ses débats participatifs. A l’époque la presse parlait de flottement. Il est vrai que la candidate ne s’exprimait pas pour alimenter la Une des journaux, laissant à Nicolas Sarkozy et à ses soutiens le temps d’épuiser leurs arguments de Ségolitude.
Le temps toujours lui, c’est encore le choix de Ségolène Royal de garder une vrai distance vis-à-vis du PS. Cette volonté d’être seule et direct avec les Français. Nicolas Sarkozy lui au contraire n’aura de cesse de garder son fauteuil de ministre le plus longtemps possible. Cette image de ministre incontournable qu’il entendait faire adopter par une majorité de Français et qui finalement lui colle à la peau.
Alors bien sur, Quand j’y pense ne dit pas que les jeux sont faits, mais cherche au contraire à faire remarquer que pour juger une campagne il faut attendre le soir de l’élection. C’est à ce moment là seulement que l’on connaît le nom de celui ou celle qui est arrivé à l’heure.
jeudi 29 mars 2007
Segolène Royal, de la "duduche" à l'adversaire
Changement de ton dans la campagne. Les attaques de Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal ont évolué. Fini les pics qui visaient à toucher la fameuse « compétence » de la candidate socialiste. Connaissant les méthodes de l’UMP, ou il s’agit de ne rien laisser au hasard, on peut imaginer que cette stratégie de flingage n’était pas forcément rentable et efficace dans les enquêtes d’opinion.
Il suffit de se souvenir. Les exemples sont nombreux.
Il y a
eu l’épisode de la muraille de Chine avec la surprenante
« Ségolitude ». On se souvient de la charge dans la foulée sur le
thème des droits de l’homme. Il y a eu aussi le voyage critique au Moyen orient
de la candidate avec la polémique sur le Hezbollah avec qui il ne fallait pas
discuter. On se souvient encore des attaques sur le nombre de sous-marins
nucléaires. Bref, il y eu une époque ou la stratégie était de sous entendre que la candidate n’avait pas les épaules suffisamment
solides pour le poste.
Or étrangement, plus le temps passe et la campagne avance,
moins la candidate semble attaquée sur le sujet. Il faut dire que les
différentes émissions de télévision auxquelles elle a participé, ont montré que
Ségolène Royal avec de quoi tenir et à l’arrivée, qu'elle ne disait pas autant de stupidités
qu’on essayait de le faire croire.
Entre temps, on peut noter que les intentions de vote dans
les sondages sont restées stables dans les sondages malgré toutes ces
tentatives de dénigrement. Conséquence, il devait sans doute devenir dangereux
pour Nicolas Sarkozy de poursuivre sur le thème, c’est une femme elle n’est pas
sérieuse.
A l’arrivée, c’est en quelque sorte une petite victoire pour
Ségolène Royal. De « duduche » elle semble être devenue une
adversaire respectable. Une candidate sérieuse dont finalement il faudrait
mieux se méfier. A croire que
la victoire de Ségolène Royal est quelque chose de possible pour l’UMP. Et
quand l’ennemi doute, il devient plus fragile.
Avec cette campagne, Quand j’y pense, je me dis que Ségolène Royal et les femmes ont peut être gagné une partie.
lundi 19 mars 2007
VI e République, le retour d'Arnaud Montebourg dans la campagne de Ségolène Royal
Les hommes politiques sont les premiers à se plaindre de la difficulté de faire des réformes en France. Et d'épingler l’archaïsme des syndicats, la lourdeur du mammouth, ou l’immobilisme de certaines catégories professionnelles.
Il faut dire que sur le sujet de la réforme, le monde politique « montre » l’exemple.
Tout le monde sait que la loi sur le cumul des mandats doit évoluer.
Tout le monde sait que le mode de scrutin doit changer pour de nombreuses élections.
Tout le monde sait que l’avenir du Sénat doit passer par un réel et sérieux toilettage.
Or, si tout le monde est d’accord sur le constat, il semble que la mise en application de ces évolutions ne soit pas une priorité pour le gouvernement en place et pour les hommes politiques. Il se trouve en effet, toujours une majorité pour expliquer qu'un député doit aussi être maire afin de mieux comprendre le terrain. Il se trouve toujours un sénateur pour vous expliquer qu'il est important de ne pas instiller une dose de proportionnelle afin de garantir la stabilité du parlement.
Pourtant, il est indispensable aujourd’hui de faire évoluer les règles qui régissent notre république. Modernisation, VI me république, toilettage des institutions, quelque soit le terme retenu, les règles du jeu doivent changer si l'on en croit les propos de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et autres candidats présents pour l'élection présidentielle.
Pour ce faire, deux méthodes sont possibles, soit par l’intérieur soit par l’extérieur.
Nicolas Sarkozy pense que le changement viendra par la façon dont il entend exercer sa présidence s’il est élu. Présence plus forte du président de la république, implication plus direct, l’évolution de la V eme république peut se faire par l’intérieur, sans mauvais jeu de mot.
Ségolène Royal opte elle, pour l’autre solution. La candidate socialiste reprend ainsi les propositions d’Arnaud Montebourg qui s’est fait connaître sur le sujet en plaidant pour la création d’une 6 me république. Elle sait que pour pouvoir faire passer les évolutions indispensables, seul le référendum est possible. Une évolution, via les institutions actuelles, assemblée et sénat serait vouée à l’échec. Les sénateurs qui gardent les clefs de la constitution ne pourraient pas s’empêcher de mettre mille bâtons dans les roues de toutes réformes pouvant aboutir à rônier leur propre pouvoir.
Dans ce contexte, la réforme constitutionnelle ne pourra se faire qu’avec l’approbation du peuple français. Passer par un référendum, c’est donner plus de chance pour toute réforme envisagée. Quand j’y pense, je me dis que compter uniquement sur les hommes politiques pour faire changer les choses, c’est prendre le risque du statu quo et donc mettre en danger notre démocratie.
dimanche 18 mars 2007
Du nouveau regard de Ségolène Royal à la rupture de Nicolas Sarkozy
L’élection présidentielle est la rencontre entre un homme ou une femme et les français. Partant de ce principe, quand j'y pense, je me dis qu'il est bon d’écouter ce que disent les candidats afin de mieux connaître leur personnalité.
Parmi tous les propos entendus depuis quelques semaines, on
peut s’arrêter quelques minutes sur la fameuse rupture prônée par Nicolas
Sarkozy. La rupture, c’est avant tout marquer une cassure.
Il y avait une façon
de faire et à partir d’un certain moment, il y aura une autre façon de faire.
Sur les 35 heures par exemple, il est évident qu’en cas de victoire le
président de l’UMP jettera à la poubelle la mesure pour mettre en place de nouveaux
textes de loi.
Ségolène Royal a choisi de ne pas utiliser le terme de
rupture pour privilégier celui de nouveau regard. Il est évident que l’objectif
est le même, il s’agit de faire évoluer notre façon de faire pour aboutir à un
changement. Mais cela ne veut pas forcément dire que l’on va tirer un trait sur
le passé sans en garder les aspects positifs. C’est ainsi que toujours sur les
35 heures, la candidate socialiste propose de tout remettre sur la table afin d’aboutir
à une négociation globale.
Présentée de cette façon, la réforme à la manière de
Ségolène Royal parait plus respectueuse que celle de Nicolas Sarkozy. Elle
présente un autre avantage, c’est de prendre en compte, que les français aiment
bien le changement, mais qu’ils aiment aussi la continuité et le consensus.
N’ont-ils
pas choisi à trois reprises en 20 ans, la cohabitation. Ne sont ils pas en ce
moment attirés par le projet flou mais consensuel, du centriste François Bayrou.
L’ouverture dont on parle tant depuis quelques semaines ne se fera
pas que sur l’échiquier politique, elle devra se faire aussi dans les esprits.
Et en l’occurrence, Ségolène Royal sur ce terrain semble avoir une longueur d’avance.
dimanche 4 mars 2007
Des peaux de bananes pour ségolène Royal
Il est surprenant de constater que les ennuis arrivent souvent du même coté pour Ségolène Royal. Quand j'y pense, je me dis, qu'il y a tout d'abord eu Lionel Jospin qui a trainé des pieds pour ralier la candidate socialiste. Ensuite, il y a eu Eric Besson, l'ancien secrétaire fédéral à l'économie du PS, proche de Lionel Jospin qui a créé quelques difficultés pour la candidate socialiste au moment du chiffrage de son projet. Cette semaine c'était au tour de Claude Allègre, ancien ministre de Lionel Jospin de se rappeler au bon souvenir de Ségolène Royal avec la sortie d'un livre et surtout avec quelques petites phrases bien choisies pour les unes des journaux.
Une fois, deux fois, trois fois, cela commence indéniablement à faire beaucoup. La répétition donne à l'arrivée un sentiment de chasse bien orchestrée, de peaux de bananes laissées avec parcimonie sur le long chemin de l'Elysée par d'anciens "camarades" pas forcément amis.
Il est facile d'imaginer que certains tentent de préparer l'avenir en misant peut être sur l'échec de leur candidate. En cas de défaite en mai prochain, ils auraient planté alors les graines de l'alternance au sein du PS. Cela dit, il n'est pas dit que ces Machiavelle en herbe soient bien inspirés. Il est difficile en effet d'imaginer qu'ils puissent obtenir à nouveau la confiance des militants de gauche après leur défaite de 2002. De plus, l'aigreur qui semble être leur moteur ne pourrait suffir à dessiner les contours d'une ligne politique ou d'un projet d'alternance.
Quand j'y pense, je me dis que ceux qui ont eu leur chance et l'ont ratée ne doivent pas empêcher les autres de tenter la leur.


