Quand j'y pense ou la campagne présidentielle au quotiden

Quelques petites réflexions sur Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Marie George Buffet, Dominique Voynet et les autres... ou le suivi au quotidien de la présidentielle....

lundi 21 mai 2007

Un premier ministre, force et Fillon d'Achille de Nicolas Sarkozy

La ville de Sablé a la particularité d’avoir été la première ville de France à avoir un maire noir. Raphael Elizé résistant, mort en 1945 avait été élu en 1929. Aujourd’hui cette petite commune de la Sarthe nous offre le nouveau premier ministre François Fillon. Un homme discret, calme, mais qui cache aussi une personnalité rigide, basé sur la revanche et la rancune.

Fillon_s_rieuxPS2On se souvient de sa petite phrase lors de son éviction du gouvernement en 2004, sur le bilan Chirac dont il ne restera rien sinon ses réformes. La réplique cinglante pouvait être mise sur le compte de la déception et de la colère de devoir quitter les dorures du pouvoir. Mais, visiblement le nouveau premier ministre à la mémoire longue. Alors qu’il lançait la campagne pour les législatives le week-end dernier, il a de nouveau rappelé qu’il n’avait rien oublié. C’est ainsi qu’il a justifié sa candidature aux élections législatives en taclant sévèrement l’ancien Premier Ministre, Dominique De Villepin. François Fillon a ainsi jugé "très important que les responsables du gouvernement et en particulier le chef du gouvernement soient des élus". La phrase suivante qu’il n’a pas prononcé mais qu’il a visiblement pensée très fort étant, « et ce contrairement à mon prédécesseur à Matignon ». On ne va pas épiloguer sur ce petit dérapage, mais il signe cependant une certaine façon d’être. Un trait de caractère pas forcément très avantageux dont il serait bon de se souvenir.

Fillon_passation_PS2François Fillon l’a dit dès la passation de pouvoir avec son prédécesseur, il est là pour faire appliquer le programme de Nicolas Sarkozy. On se doute qu’il n’a pas été nommé pour mettre en place celui de Ségolène Royal, sinon, l’ouverture voulue par le président serait vraiment remarquable. Mais plus sérieusement, on sent que la souplesse ne sera pas à chercher du coté de Matignon. C’est ainsi que si Nicolas Sarkozy se veut le président de tous les Français, son premier ministre sera là pour jouer la partition de l’UMP. Gardien du dogme, un peu comme ces samouraîs qui gardent l’entrée d’un temple.

François Fillon pourrait être ainsi la force et le talon d’Achille de Nicolas Sarkozy. Il en sera la force pour enclencher les réformes promises, pour satisfaire l’électorat de droite qui compte sur l’application du programme du nouveau président. Le talon d’Achille, car il arrivera tôt ou tard le moment ou le gouvernement devra faire preuve de souplesse pour calmer le peuple et apporter quelques bouffées d’oxygène au chef de l’état. Et ce jour là, il n’est pas sur Quand j'y pense que le premier ministre soit l’homme de la situation.

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jeudi 17 mai 2007

Nicolas Sarkozy à l'Elysée ou la rupture aux sources

Le premier des architectes ou des maçons vous le dira. Pour qu’une maison tienne debout il fait tout d’abord réaliser de bonnes fondations. Cette règle valable pour la construction parait s’appliquer également à la politique. En tout cas, le président de la république fraichement en fonction semble avoir fait sien le principe. Et si le mot rupture a été employé fréquemment durant la campagne qui vient de s’achever, on peut s’interroger de savoir si cette rupture n’aurait pas un gout de retour aux sources.


Sarko_main_chirac_flouPS2Quand on y prête attention, on peut facilement trouver une similitude entre le non du Général De Gaulle le 18 juin 1940 et le non de Nicolas Sarkozy qui sous le mandat de Jacques Chirac a décidé d’opter pour la rupture. Un « non » au système qui se transforme en point d’appui pour la conquête du pouvoir. Refuser le monde qui existe pour faire naitre une alternative et être le moment venu le nouveau repère.


Il est surprenant également de constater que pour le redressement de la France, le Général de Gaulle avait en son temps fait l’Union avec le parti communiste. Il s’agissait alors de rassembler la France à la sortie de la 2 me guerre mondiale. Or le premier geste de Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas été d’aller chercher dans la résistance le nom du jeune communiste Guy Moquet. Un symbole qu’il a choisi de mettre en avant au nom justement du rassemblement du peuple Français.

De_gaulle_58PS2Sur le plan politique, le coup est puissant, d’autant qu’il est conjugué avec un vrai travail de casse du parti socialiste. Le débauchage actuel de ses membres pour en faire des ministres amplifiant l’effet destructeur de la manœuvre.


C’est ainsi que redonner de la force au parti communiste, c’est d’une certaine façon reconfigurer le paysage politique pour le faire ressembler à celui qui existait après guerre et assurément à celui d’avant la création du Parti socialiste en 1971.

Dans ce contexte, Quand j’y pense, je me dis que la rupture prônée par Nicolas Sarkozy a également un petit gout de retour aux sources. Et que les fondations de la maison qu’il est en train de construire, pourraient bien se révéler particulièrement solides. Suffisamment en tout cas pour l’installer durablement au cœur du palais de l’Elysée.

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samedi 12 mai 2007

La bonne opinion de Mister Président

Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Bayrou, voici les trois noms avec lesquels les français vont devoir vivre pendant les années à venir. Avec le départ de Jacques Chirac de la scène politique, auquel on pourrait ajouter ceux de Le Pen, Laguiller, la France est entrée dans une nouvelle ère. La campagne qui vient de se dérouler a fini le travail. Or avec la nouvelle génération qui s’apprête à prendre le pouvoir, arrivent également de nouvelles techniques de communication et de « propagande ». Et ce nouveau monde ne fait que commencer.

TVNLa réactivité aura été l’une des règles de cette campagne. A peine un thème de campagne s’installait qu’un nouveau pointait le bout du nez. Conséquence, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy n’ont cessé de répondre, de réagir avec une rapidité surprenante. Un ministère de l’intégration et de l’identité national d’un coté, le drapeau de l’autre. Les emplois tremplin d’un coté, le contrat unique de l’autre. Il fallait avoir une grande capacité à rebondir dans tous les sens possibles. C’est ainsi que Ségolène Royal a plus d’une fois bouleversé son agenda, pris des positions sur tel ou tel sujet, sans même prendre le temps d'en avertir son staff de campagne, d'où quelques réunions annulées et rendez-vous repoussés. Il s’agissait pour elle de ne jamais être ou paraître à la traîne sous peine de laisser partir plus avant encore son adversaire.

Pour aider à cette réactivité, les deux camps et notamment celui de Nicolas Sarkozy ont usé et abusé des sondages et enquêtes d’opinion.  Le ministère de l’intégration national fait polémique, pas grave, l’enquête suivante montre que les français suivent. Les vacances de Nicolas Sarkozy fait polémique, pas grave l’opinion lui donne raison dans un sondage publié par le figaro 48 heures plus tard. François Bayrou obtient un bon score avec ce fameux thème de l’ouverture et de la politique autrement, et voilà que Nicolas Sarkozy passe la semaine à communiquer sur les ministres de gauche qui pourraient rejoindre le gouvernement. La règle reste la même, la réaction par l'action.

C’est bien simple, on se croirait en plein dans une campagne américaine. Il ne manque plus que les publicités à la télévision pour dégommer en temps réel le camp adverse et le talk show de Larry King pour rejoindre définitivement l’oncle Sam.

Quand j’y pense abordera à nouveau le sujet, mais ce que l’on peut d’ores et déjà souligner, c’est que cette nouvelle façon de faire ne sera pas valable uniquement en temps de campagne électorale. C’est dorénavant la façon d'être du nouveau président et la gauche aurait tort de ne pas appliquer les mêmes recettes car pour reprendre l’exemple du foot, les amateurs gagnent rarement contre les professionnels.

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jeudi 10 mai 2007

Nicolas Sarkozy : pour le meilleur et pour le fric

Actualité oblige, il convient de parler du sujet de la semaine. A savoir les vacances de Nicolas Sarkozy sur un yacht prêté par son ami Vincent Bolloré. Coût de la location 193 000 Euros pour la semaine. Si la polémique qui enfle devrait vite retombée, il n’en reste pas moins que l’affaire peut se révéler plus intéressante qu’il n’y parait.


bateau_sur_l_eaups2Nicolas Sarkozy n’est pas du genre à laisser place à l’improvisation. Chaque mouvement est calculé, chaque image est choisie avec un objectif faire de la photo un acte politique. L’affaire du yatch de l’ile de Malte n’est donc pas un hasard. Elle l’est d’autant moins qu’elle arrive après l’épisode du repas du Fouquet’s, et après l’annonce fracassante du retour de Johnny Halliday en France pour cause de mise en place du bouclier fiscal promis par le candidat.


Trois images, trois actes qui vont tous dans le même sens, montrer que l’argent est de retour en France. Mais est ce le seul objectif du nouveau président. Pour l’heure il est un peu trop tôt pour le dire. Une chose est certaine, Nicolas Sarkozy veut faire passer un message.

Le problème, c’est qu’il n’est plus candidat à la présidence de la république, mais qu’il est le chef de l’état. A cela s’ajoute un autre élément, il s’agit de la première image qu’il a choisi de donner aux français.


pantheonPS2De l’arrivée au pouvoir de Jacques Chirac, on garde deux images. Celle du nouveau président dans sa voiture poursuivit à moto par le journaliste Benoit Duquesne, mais surtout celle qui signait son premier acte politique, à savoir la conférence de presse durant la quelle il annonçait le reprise des essais nucléaires. Un peu plus loin, on se souviendra de François Mitterrand le 21 mai 1981 devant le Panthéon pour s’incliner devant les tombes de Jaurès et Jean Moulin, une rose à la main.


C’est ainsi que les premiers gestes d’un président restent dans l’histoire, et quand j’y pense, je me demande si le yatch de Nicolas Sarkozy ne restera pas comme étant sa première faute politique. Celle que l’on garde dans l’inconscient. Le nouveau chef de l’état a peut être sous estimé l’importance de son premier geste au profit d’une image plus futile pour rassurer ou séduire tel ou tel segment de son électorat. Et comme il avait annoncé que sa retraite devait lui permettre d’endosser l’habit de Président de la république, c’est donc un président doré que les français viennent d’élire à l’Elysée.

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jeudi 22 mars 2007

Et si Chirac votait Sarkozy uniquement pour sauver la Ve république

Chirac_sarko_journaux


C’est fait. Jacques Chirac a finalement daigné apporter son soutien à Nicolas Sarkozy. Personne ne sait d’ailleurs si cela est quelque chose de positif ou non pour le président de l’UMP. Mais visiblement ce dernier y tenait beaucoup. Il est d’ailleurs surprenant de constater combien Nicolas Sarkozy est mal à l’aise vis-à-vis du chef de l’état. Entre passion et haine. Les psychanalystes auraient de quoi dire sur le sujet.

Non, ce qui est intéressant, finalement, c’est Jacques Chirac. Quand j’y pense, je me dis qu’une des seules façons pour Jacques Chirac de sortir gagnant, c’est de faire que son camp conserve l’Elysée 5 ans de plus.

François Mitterrand avait réussi à rentrer dans l’histoire dès 1981 en permettant à la gauche d’accéder au pouvoir. Il avait eu un petit bonus grâce à sa réélection 7 ans plus tard en 1988.

Pour Jacques Chirac, l’enjeu est différent. Réussir sa sortie, cela consisterait notamment à permettre à la droite de garder le pouvoir. Une façon d’illustrer la fameuse stabilité si chère au Général de Gaulle. Il ne faut pas oublier que c’était l’un des arguments qu’avançait Jacques Chirac lorsqu’il n’était alors que candidat à l’élection présidentielle. Il s'agissait pour lui de restaurer ou de redonner à la Ve république toute sa force.

Alors, certes, Nicolas Sarkozy n’est pas forcément le successeur dont avait rêvé le président sortant dont on connaît les préférences pour Alain Juppé ou Dominique de Villepin. Mais Jacques Chirac à défaut d’être satisfait pourra toujours se consoler en se disant avoir réussi à réinstaller le droite au pouvoir en France pour une longue période.

En cas d'échec, ce serait non seulement la droite qui serait battue, mais en plus avec les projets de réforme de la constitution de Ségolène Royal, ce serait la fin de la Ve république. Un comble pour Jacques Chirac dont le but était justement de sauver les institutions de 1958.

C'est ainsi que son soutien est plus que jamais intéressé. Il lui faudra toutefois attendre le mois de mai pour savoir si son objectif est atteint ou non et du même coup si, il laissera ou non, une place un peu plus grande dans l’histoire.

Posté par quandjypense à 20:13 - Sarkozy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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