jeudi 31 mai 2007
4 colonnes sans la Une pour Ségolène Royal
François Fillon a raison sur un point. La légitimité vient de l’élection. C’est ainsi que la force de Nicolas Sarkozy en ce début de mandat vient du score élevé qu’il a obtenu lors de son élection. Avec 85 % de votants et près de 54 % de suffrages, le nouveau chef de l’état dispose d’une large marge de manœuvre.
Ségolène Royal avec ses 17 millions d’électeurs dispose actuellement du même genre de légitimité. Elle peut en effet facilement faire prévaloir son résultat pour espérer s’imposer à la tête de la gauche.
Mais cette légitimité ne risque t’elle pas de s’émousser avec le temps.
Il ne faut pas sous estimer le poids de la salle des 4 colonnes, ce fameux vestibule par lequel tous les députés passent pour ce rendre dans l’hémicycle. Passer par cette célèbre salle, c’est assurément s’ouvrir les portes des médias, qui guettent lors des séances, entrées et sorties des députés pour attraper la réaction ou la petite phrase qui sera susceptible de faire la Une des journaux du soir et du lendemain.
Etre à l’assemblée nationale, c’est aussi bénéficier d’une infrastructure, assistants, accès aux documents officiels, aux commissions parlementaires. Etre à l’assemblée nationale, c’est aussi être un élu de la nation pendant le temps d’une mandature.
Qui est capable de citer le nom d’un président de région si celui-ci ne dispose pas d’une casquette nationale. Qui connaît le nom du président de la région Champagne Ardennes, de la région du Centre, de la région des pays de la Loire.
Quand j’y pense, je me dis qu’il est dommage de bouder une telle tribune. Les règles sur le cumul des mandats évolueront peut être un jour, mais en attendant, il est étrange de vouloir se priver d’un mandat de parlementaire. Les conférences de presse organisées au siège du PS n’ont pas la même valeur et la même couleur.
Dans la famille pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !
mercredi 30 mai 2007
Nicolas Sarkozy choisit une "Royal" opposition
La campagne pour les élections législatives commence
seulement. Il aura fallu trois bonnes semaines pour que les différents camps se
remettent en chasse d’électeurs. Trois semaines durant lesquelles, la gauche
s’est un peu plus décomposée. Trois semaines durant lesquelles, la droite a de
son coté trouvé ses marques. Les deux meetings d’hier ont permis de redécouvrir
les têtes d’affiche. Le duo Royal, Saroky.
Il est d’ailleurs intéressant de constater que la montée au
créneau de Nicolas Sarkozy lors du meeting du Havre était une réponse directe
aux critiques de son adversaire socialiste. Ségolène Royal avait commencé
depuis lundi à taper sur la promesse en matière de logement du candidat Sarkozy
qui s’annonçait plus généreuse que la proposition du gouvernement
Sarkozy. La réponse est arrivée très vite. Finalement, tous les emprunteurs
seront concernés par la mesure fiscale.
Pour Nicolas Sarkozy, le leader de la gauche, ce n’est ni
Delanoé, ni DSK, ni Fabuis. C’est Ségolène Royal. C’est à elle qu’il répond. C’est
elle qui représente l’opposition et dont il faut se méfier. Dans ce contexte,
Quand j’y pense s’interroge sur la décision de Ségolène Royal de ne pas se
présenter à la députation, mais cela est un autre débat.
mardi 29 mai 2007
Royal, DSK, socialiste et Modem: qui mangera qui ?
Ainsi Dominique Strauss Kahn envisage de soutenir des
candidats du MODEM au deuxième tour des législatives. DSK estime que les
socialistes ne seront pas majoritaires à
l’assemblée nationale et que l’avenir ne pourra se faire qu’en nouant avec ce
nouveau centre une alliance.
Tout d’abord, on peut noter que cette annonce intervient 48
heures après le retour de Ségolène Royal dans la campagne et le jour ou cette
dernière n’exclut pas de briguer la tête du PS.
Sur le fond, il est difficile de dire aujourd’hui si
Dominique Strauss Kahn a raison ou tort. Il est évident que pour espérer
retrouver le pouvoir, la gauche va devoir imaginer de nouvelles alliances. Des
alliances sur la droite, mais aussi sur la gauche.
Le but de député Béarnais est de créer ce grand parti démocrate dont il rêve à haute voix. Un mouvement avec lequel il entend avaler un bon nombre de socialistes, mais aussi des Verts, des radicaux et pourquoi pas une partie des communistes.
Ouvrir la porte comme le fait le maire de Sarcelles, c’est donner raison à François Bayrou. Mais ne pas le faire, c’est assurément se priver de prochaines victoires. Car Quand j’y pense en est persuadé, pour rivaliser avec l’UMP de Nicolas Sarkozy, un autre grand parti est nécessaire. Un parti très large capable de rassembler toute la gauche de l’échiquier politique.
Or la question à venir, n’est plus de savoir si ce nouveau mouvement doit voir le jour, mais qui en prendra la tête. Et inviter François Bayrou, c’est assurément lui faciliter la tache pour mener à bien son projet.
lundi 28 mai 2007
Prix spécial pour une inversion de calendrier
En ce lundi de Pentecôte, l’actualité politique est particulièrement pauvre. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais contrairement à l’élection présidentielle, les élections législatives ne semblent pas passionner les foules. Il faut dire qu’on ne voit pas très bien l’intérêt de suivre une campagne dont l’issue serait connue d’avance, si l’on en croit les instituts de sondage. L'occasion également de saluer celui qui a eu l’idée d’inverser le calendrier électorale. Un homme qui n’a pas raté sa journée, le jour ou il a pris cette brillante décision.
Indéniablement, la Palme d’or de l’idée politique du siècle revient à Lionel Jospin, premier ministre Français entre 1997 et 2002. C’est en effet à ce leader socialiste que l’on doit le fait de voter pour un président de la république avant de devoir s’exprimer pour le renouvellement de l’assemblée nationale. Une idée lumineuse qui a déjà permis à deux reprises à l’UMP de s’imposer. S’il est stupide d’imaginer refaire le film, on peut toutefois souligner que cette inversion imaginée pour des raisons personnelles par le chef de gouvernement de l’époque, ne s’est pas révélée comme étant une idée de génie.
En ce lundi de Pentecôte, au lendemain de la fin du Festival de Cannes, Quand j’y pense profite donc de cette journée morose pour décerner un prix spécial du jury à Lionel Jospin. Il s’agit de récompenser son œuvre avec une mention spéciale pour l’introduction du Quinquennat et son inversion de calendrier.
dimanche 27 mai 2007
Royal, Delanoé : zapper n'est pas gagner forcément
Internet, des dizaines de chaines de télévision, des journaux gratuits, il est évident que
tous ces nouveaux supports d’information ont changé en profondeur notre façon
d’être. Le citoyen tout comme le consommateur zappe d’un site à un autre, d’une
chaine à une autre, d’un journal à un autre. Il lit en diagonale, de plus en
plus rapidement et n’hésite pas à jeter à la poubelle le journal qu’on lui à
donné quelques minutes plus tôt dans la rue. La question que l’on peut se poser
est de savoir si cette nouvelle façon de faire ne s’étendrait pas également à
la politique.
Bertrand Delanoé, sauveur du parti socialiste, pourquoi pas
mais il serait peut être prématuré de jeter avec l’eau du bain, la candidate
socialiste qui vient de rassembler 17 millions d’électeurs à l’élection
présidentielle.
Quand j’y pense, je me dis que ce qui est choquant, ce n’est
pas que la gauche veuille changer de tête d’affiche, elle en a le droit. Mais
c’est cette façon de zapper d’un leader potentiel à un autre sans savoir
vraiment pourquoi. Les mêmes qui sont prêts à défendre Bertrand Delanoé, sont
ceux qui seront prêts à défendre un troisième personnage si l’option Delanoé ne
s’avérait pas à la hauteur.
Quand j’y pense, je note également que la droite souffle volontiers sur l’option « maire de Paris ». Ce qui en soit n’est peut être pas un atout.
Quand j’’y pense, je me dis qu’un homme politique n’est pas une télévision ou un site Internet. Vouloir zapper sans connaître la chaine sur laquelle on va tomber, cela ne peut amener qu’à zapper à nouveau.
samedi 26 mai 2007
Quand les gestes d'aujourd'hui seront les faiblesses de demain
Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre plaide pour
une présidence collégiale de l’UMP. L’Union pour un mouvement populaire aurait
donc un secrétaire général, une sorte de président qui serait entouré de plusieurs vice-présidents.
Tous auraient pour mission de gérer les affaires courantes du mouvement
politique. Sur le papier, il s’agirait ainsi de ne pas faire d’ombre au
Président de la république.
Il est vrai que celui qui prendrait la présidence
du grand parti de la droite pourrait être tenté de faire de l’ombre à l’hôte de
l’Elysée. Il pourrait aussi grâce à une campagne bien orchestrée ouvrir les
portes à de nouveaux adhérents et qui sait briguer dans quelques années une investiture pour le
poste de Président de la République.
Mais le problème n’est pas là. Car si d’un coté, on peut
sourire de ces petits arrangements entre amis, on peut aussi s’inquiéter et
souligner que cette attitude vient à l’encontre d’un certain discours.
Pour l’heure, les dorures du nouveau pouvoir rayonnent
encore avec trop de force pour que presse et opposition se fassent entendre sur
le sujet. Mais Quand j’y pense, je me dis que l’heure viendra ou ces deux remarques anodines
pourront prendre un sens bien plus pertinent.
vendredi 25 mai 2007
Cumul des mandats: une rupture en forme de marche arrière
Il est intéressant de constater qu'il
existe deux formes de rupture. Il y a celle qui vise à changer par
rapport à ce qui pouvait se faire précédemment. Et il y a celle qui
consiste à revenir en arrière. A titre d'exemple, dans le domaine de la
communication, Nicolas Sarkozy met en place la rupture. Alors que
l'ancien Président de la république s'exprimait rarement, le nouveau
chef d'état lui parle dès qu'il met le nez en dehors de l'Elysée. En
revanche, sur d'autres sujets, comme le cumul des mandats, la rupture
n'est pas aussi évidente.
On
s'en souvient, Jacques Chirac pour des raisons plus ou moins sincères
avait demandé à ses ministres de choisir entre leur appartenance au
gouvernement et leur mandat d'élu local. C'est ainsi que l'on avait
assisté à des démissions en cascade dans les conseils municipaux. Or
avec le nouveau gouvernement, la règle est tout simplement partie en
fumée. Les nouveaux ministres peuvent sans que cela ne pose le moindre
problème avoir les deux casquettes.
C'est le cas d'Alain Juppé qui envisage sans
difficulté de rester le premier élu de Bordeaux tout en occupant la
place de numéro 2 du gouvernement. Et l'intéressé de préciser qu'en son
temps, il avait même cumulé sans difficulté le rôle de premier
ministre, maire et président de l'UMP.
L'argument avancé est
qu'il est bon pour un élu national de garder les pieds sur terre.
Qu'exercer parallèlement un mandat local et national, cela permet de
mieux comprendre les français. On peut arguer que rien n'empêche un
ministre d'aller régulièrement à la rencontre des citoyens français et
qu'aucune loi n'interdit à un membre du gouvernement de tenir une
permanence afin d'être certain de garder le sens des réalités.
Car
en vérité, l'emploi du temps d'un ministre maire est quasiment toujours
le même. Du lundi au jeudi, voir au vendredi matin, notre homme
politique s'occupe de la nation. Puis le vendredi, il retourne dans sa
ville pour gérer et vérifier que la municipalité fonctionne bien. Il en
profite une fois tous les mois ou tous les deux mois pour tenir son
conseil municipal. Le samedi est consacré à une permanence en mairie et
à l'inauguration de quelques réalisations. Enfin le dimanche, relâche
avec un simple passage dans la manifestation du week end ou il est bon
de se montrer pour avoir une photo dans la presse le lundi matin.
Certes, le système est imparfait et supporterait quelques améliorations, notamment avec la mise en place d'un réel statut de l'élu. Il y aurait sur le sujet beaucoup à dire. Mais une chose est sur, le fait qu'en matière de cumul, l'on revienne à la situation qui prévalait avant Jacques Chirac n'est pas une avancée. Alors certes, il s'agit pour le nouveau gouvernement d'une sorte de rupture, mais Quand j'y pense, je me dis qu'il s'agit surtout d'une rupture arrière.
jeudi 24 mai 2007
Attention, une élection peut en cacher une autre
Les socialistes ont décidé de perdre les élections. C’est un
fait. Ils ont regardé les résultats de l’élection présidentielle. Ils ont
ausculté les scores circonscription par circonscription. Ils ont décidé qu’ils
seraient donc dans l’opposition pendant 5 ans. Ils pensent que l’heure est au
nettoyage de printemps et que l’urgence est de couper les têtes qui ont amené à
la défaite lors de l’élection présidentielle. Ils oublient toutefois que
l’élection présidentielle et les élections législatives sont deux élections
différentes.
Arrivent aujourd’hui, le temps des élections législatives.
La question qui est posée aux électeurs est de savoir quelle majorité ils
souhaitent voir s’installer à l’assemblée nationale pendant 5 ans. La logique
veut en effet que cette assemblée soit aux couleurs du président de la
république, notamment dans un régime présidentielle. Mais ce n’est pas une
règle. La V me république vient de vivre en effet 3 cohabitations. Ce qui
prouve qu’il peut y avoir divergence entre le président de république et le
parlement.
Dans ce contexte, il serait bon de connaître les propositions de gouvernement
que la droite et la gauche défendraient en cas de victoire. Pour ce qui est de
la majorité présidentielle, on perçoit notamment depuis la nomination des
ministres, les grandes mesures qui pourront être prises une fois l’assemblée
élue. Pour ce qui est de la gauche, il est impossible à ce jour de connaître le
programme qui serait défendu en cas de victoire.
Demander aux électeurs de ne pas donner le pouvoir à Nicolas Sarkozy n’est pas un programme. On voit mal quelle loi pourrait être votée à partir de ce simple appel. Ce n’est pas parce que les socialistes ont perdu l’élection présidentielle que les électeurs doivent être privés d’un débat pour les élections législatives. La question n’est pas de savoir qui a gagné, mais de savoir qui va gagner. Les 577 députés n’ont pas encore été élus. Quand j’y pense, je me souviens qu’à une époque, les journaux titraient qu’en France nous avions la droite la plus bête du monde.
mercredi 23 mai 2007
Ne pas prendre forcément Modem sur François Bayrou
Il faut se méfier des adhésions en grand nombre quand on
crée un parti politique. Dans un passé proche, les exemples montrent que le
problème n’est pas d’engranger des militants à la pelle mais d’arriver à les
garder.
Quand j’y pense se souvient du lancement de « la droite » de Charles Millon,
l’éphémère ministre de la défense de Chirac version 95. Aussitôt lancé, le parti
qui entendait décomplexer l’électorat de la droite classique avait annoncé
recevoir par milliers des courriers de toutes la France. Même engouement pour
le RPF de Charles Pasqua qui s’annonçait au moment de sa naissance comme étant
la relève assurée. En remontant encore un peu dans le temps, il y a eu l’époque
« Bleus » anciennement Génération Ecologie de Brice Lalonde. Lors des
lancements de ces grands courants politiques, cela a été à chaque fois la même
rengaine, un afflux de sympathisants, de soutiens, d’adhésions. Or avec un peu
de recul, on peut sans prendre trop de risque estimer que ces différents partis
politiques ne sont pas ceux qui ont amené le changement tant attendu.
François Bayrou avec son MODEM, ne se trouve pas dans une
situation beaucoup plus avantageuse. Certes, pour l’heure le vent de l’élection
présidentielle n’est pas encore retombé complètement, mais il n’est pas évident
que le candidat malheureux puisse se sortir facilement de la tranchée dans
laquelle il est entré. Car ce ne sont pas les militants qui font vivre un parti
politique, mais ses électeurs et ses élus. Ses électeurs, car suivant leur
nombre dépend l’aide publique qui sera accordée par l’état. Les élus, car un
parti politique sans groupe parlementaire peut difficilement exister à
l’assemblée nationale.
On peut ajouter que le mode de scrutin, uninominal à deux
tours n’est pas favorable aux petites formations politiques. Que l’UMP va se
faire un malin plaisir de réduire au maximum le pouvoir de nuisance de François
Bayrou. Que le PS ne va pas laisser de place à ce trouble-fête dont l’attitude
durant la campagne est en partie responsable de la défaite de sa candidate.
Mais malheureusement pour François Bayrou, les ennuis ne
s’arrêtent pas là. La main ouverte de Nicolas Sarkozy depuis son élection était
l’un des arguments forts du candidat centriste. On se souvient que François
Bayrou a passé une grande partie de la campagne à expliquer aux français que
droite et gauche devaient pouvoir travailler ensemble. Et même si l’on peut
nuancer cette vision des choses, il faut reconnaître que le nouveau Président
de la République avec l’ouverture au centre et à gauche prive le MODEM de l’un
de ses principaux arguments de campagne.
Alors certes, les temps vont être durs pour le député
Béarnais. S’il ne parvient pas à créer son groupe parlementaire, s’il perd les
troupes dont il disposait au Sénat, il est évident que sa voix aura plus de mal
à se faire entendre. Seule chance pour lui. L’élection présidentielle dans 5
ans aura à nouveau lieu avant les législatives. Dans ces conditions, il peut
espérer rejouer la partition de la révolution et à nouveau créer la surprise.
Mais il faut reconnaître que cela est une autre histoire.
mardi 22 mai 2007
Prévenir la gauche qu'on ne parle plus de "réclame"
Nicolas
Sarkozy a choisi son style. Il sera un président à
l’américaine ou à l’anglaise. Un président qui s’exprime sur tous les
sujets,
dès la descente de son avion, lors de ses déplacements, bref comme peu
le faire
un Georges Bush ou comme le faisait un Bill Clinton. Un président chef
de sa
majorité qui occupe la place de président, premier ministre et patron
de sa formation, comme un Tony Blair en Angleterre. Le nouveau
président innove et
dessine à sa façon la forme de sa présidence. La gauche et notamment le
PS s’apprêtent pendant ce temps là à se battre pour savoir qui
gardera les cendres laissées par François Mitterrand.
Si la gauche veut exister dans les mois à venir, il va
falloir qu’elle fasse preuve d’imagination et qu’elle accepte d’utiliser les
armes et les moyens du 21 me siècle. Quand j’y pense l’a déjà souligné, les
services de presse du parti socialiste sont parfaitement adaptés lorsque vous
n’avez rien à demander. Les journalistes qui souhaitent avoir une réaction d’un
homme politique doivent s’armer de courage. Mails, coups de téléphone, remails,
retéléphone, pour à l’arrivée une possible réaction qui interviendra 24 heures
après l’évènement, et ce, en cas de réponse positive.
La campagne électorale a montré qu’à l’heure d’internet, un
sujet en pousse un autre avec une rapidité surprenante. Dans ce contexte, il
est important de pouvoir réagir avec la même rapidité. On peut émettre un
jugement de valeur sur le fond, et déplorer cette dérive de notre société, mais
sur la forme, c’est la réalité. Gagnent ceux qui savent rebondir, réagir,
réactualiser.
Nicolas Sarkozy croit à la force de l’image. Une image doit
dire quelque chose. On voit courir le président, l’action est en marche. On
voit le président revenir sur ses pas pour une poignée de main avec Bernard
Kouchner, l’ouverture est bien là. On voit le président boire un café avec son
premier ministre, le gouvernement travail. L’opposition doit également utiliser
la même méthode pour espérer marquer les esprits. Il faut que chaque
intervention de l’opposition soit accompagnée de l’image qui va avec. L’opposition
se rassemble pour les législatives, cela doit se voir. L’opposition proteste
contre une mesure proposée par le nouveau gouvernement, il faut trouver le
geste qui symbolisera la contestation. C’est ni plus ni moins que le sac de riz
de Bernard Kouchner il y a quelques années sur tous les écrans de télévision.
Alors bien sur, les adeptes de valeurs, de programmes,
peuvent être choqués par cette vision du monde qui semble plus s’intéresser à
la forme qu’au fond. Mais Quand j’y pense, je me dis que cela n’empêche
personne de réfléchir.
